Cité 19, tome 1 : Ville Noire.

Auteur : Stéphane Michaka
Editeur : Editions Pocket Jeunesse

Parution : Octobre 2015
Pages : 368


RESUME :

Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l’a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifer le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu’il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d’un inquiétant personnage. Elle suit l’homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille… 150 ans plus tôt !

Pour Faustine, c’est le début d’une série d’aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l’Histoire.

CHRONIQUE :

(15 Septembre 2016)


J'avais envie de lire ce livre depuis sa sortie, la phrase d'accroche me plaisant réellement. Je n'ai pas voulu me renseigner plus sur l'intrigue, me contentant de savoir qu'en recherchant son père, une adolescente allait se retrouver projetée 150 ans en arrière, en plein milieu du XIX° siècle. J'aime beaucoup que la Belle Epoque serve de toile de fond aux histoires et je n'avais pas besoin d'en savoir plus.
 
J'ai vu que pour beaucoup, ce livre était de qualité inégale, notamment entre la première et la deuxième partie. J'avoue ne pas être de cet avis.
 
Explications : nous rencontrons Faustine, une adolescente de 16 ans, qui partage sa vie entre son père, conservateur au musée, ses amis Vikram et Morgane, et sa passion pour le XIX° siècle. Mais son monde va basculer le jour où son père disparaîtra. Partie à sa recherche, explorant chaque piste même la plus improbable,  Faustine se réveillera bien malgré elle, 150 ans plus tôt.
 
"Elle ne doutait pas de la réalité de ce qu'elle voyait. Cette ville existait dans ses moindres détails. Du bouton de redingote à la crinière des chevaux.
Puisque ce Paris-là était en tout point identique à celui du XIXe siècle, puisqu'il ne pouvait être une projection de son esprit (jamais elle n'aurait su le reconstituer avec une telle précision, même en rêve), il ne restait qu'une seule possibilité...
Elle la trouvait terrifiante.
"Un voyage dans le temps...""

 
La première partie se focalise donc sur la perte de son père ainsi que son réveil et son début de vie dans le Paris de la Belle Époque. A priori, beaucoup de personnes ont trouvé cette partie assez longue mais j'avoue ne pas avoir compris pourquoi. Très personnellement, j'ai été totalement captivée par les aventures de Faustine. Alors certes le livre prend des airs de roman policier, et mis à part le côté saut dans le temps, on n'y rencontre guère de fantastique, mais c'est après tout ce que promettait le synopsis !
 
Faustine ne renonce pas à rechercher son père, même 150 ans plus tôt, et son tempérament la poussera aussi sur la piste d'un tueur en série, sévissant au moment de son arrivée. J'ai aussi aimé tous les efforts qu'elle déploie afin de s'adapter à cette époque si différente de la nôtre.
 
"- Tiens donc ! Evidemment qu'ils n'ont pas envie de bêcher la terre... Ils préfèrent jouer au tire-laine avec un doubleur de sorgue.
La mine de Tixier indiquait qu'il n'avait pas compris un traitre mot à l'argot du commissaire.
Gontran traduisit, de guerre lasse :
- Jouer au voleur avec un complice qui opère la nuit... Combien de fois dois-je le répéter, Tixier ? L'argot doit être pour nous comme une seconde nature, sinon la racaille aura toujours une longueur d'avance !
- Oui, commissaire, fit l'inspecteur qui semblait peu convaincu de la nécessité d'apprendre ces vocables poisseux."

 
Dans la deuxième partie, nous continuons à suivre Faustine dans le passé, mais un autre élément majeur vient totalement bouleverser la lecture, et chaque petit indice laissé par l'auteur prend alors son importance.
 
Je dois dire que je ne m'attendais pas, mais alors pas du tout, au tournant qu'a pris l'histoire. Beaucoup de chemins auraient été possibles et je pense que j'aurais été ouverte à la plupart des explications, mais j'avoue que j'adore l'idée de Stéphane Michaka.
 
Pour parler des protagonistes, on se concentre surtout sur Faustine, les personnages secondaires étant beaucoup moins développés. J'aime beaucoup la force de caractère de la jeune fille, qui est intrépide, et nous finissons par comprendre pourquoi elle s'en sort si bien (j'aime le fait qu'elle ne soit pas juste une super héroïne mais qu'il y ait une vraie raison à ces "facilités").
 
Bon, je dois quand même noter qu'en revanche, certains personnages secondaires, notamment les amis de Faustine, Vikram et Morgane, m'ont totalement déplu. Morgane est imbue d'elle-même et totalement insupportable, mais je gage que c'est l'effet recherché par l'auteur. Vikram, quant à lui, est fade au possible. J'ai du mal à comprendre les sentiments de Faustine envers un personnage aussi peu attrayant et influençable. Mais bon, passons.
 
La plume de Stéphane Michaka est pour le moins étrange, particulière. Il faut quelques chapitres pour s'y habituer mais j'avoue que ce côté décalé m'est vite apparu très naturel et je n'ai guère été gênée dans la suite de ma lecture. Je trouve même au final qu'elle sert bien le récit.
 
Ce livre est très agréable à lire, une vraie bouffée d'air frais matinée d'une dose d'humour pour nous faire passer un excellent moment de détente et de divertissement. Pour moi ce fut une réussite et j'ai hâte de lire le deuxième et dernier tome de cette aventure pour le moins originale.