Coeur Vintage.

Auteur : Cécile Guillot
Editeur : Editions du Chat Noir
Parution : Octobre 2018
Pages : 185


RESUME :

  

  

  

  

  

  

 

2016 Mina sort avec Logan, le garçon le plus populaire du lycée. Tout le monde l’envie et lui répète à quel point elle est chanceuse, même ses propres parents. Oui, mais alors pourquoi le doute vient-il s’installer au cœur de son bonheur soi-disant parfait ?

1956 Delia vit le grand amour avec Troy et son avenir semble tout tracé : mariage, enfants, joli pavillon.

Deux filles amoureuses dont les destins sont liés par une robe.

CHRONIQUE :


(11 Novembre 2018)
 
Cécile Guillot est une autrice que je suis les yeux fermés. C’est ainsi qu’auparavant je m’étais sortie de ma zone de confort avec « Les tribulations d’une gothique amoureuse », et que j’ai recommencé lorsque les éditions du Chat Noir m’ont fait parvenir « Cœur Vintage ». Je les en remercie d’ailleurs énormément.

Lire Cécile Guillot, c’est se pencher sur une plume qui est toujours pleine de délicatesse, d’émotions et de fluidité. Ce sont des atmosphères cocooning qui vous donnent cette impression de confort que vous retrouvez au coin d’un feu de cheminée, votre boisson préférée à la main. Donc même si je savais que « Cœur Vintage » me sortirait de mes habitudes, je n’avais aucune crainte et étais préparée à plonger dans un roman léger et sucré. En plus, nous avions ici une touche d’originalité grâce à la passion de l’autrice pour la mode vintage, et son incursion dans ce roman.

Mais je dois vous avouer que Cœur Vintage n’a pas vraiment répondu à mes attentes. Oh non. Il a répondu à bien plus ! Je ne m’attendais pas du tout à ce que Cécile nous a proposé. Parce qu’ici, malgré sa somptueuse couverture tout en douceur (qui colle à merveille à l’héroïne) et son petit format de 190 pages, préparez-vous à du lourd… Et cette profondeur, je ne l’ai pas vu arriver.

Laissez-moi vous dire deux mots du résumé et je vous explique mon point de vue.

Nous sommes en 2016 aux Etats-Unis et faisons la connaissance de Mina, lycéenne populaire, en couple avec Logan, bref le genre de jeune femme que tout le monde envie. Sa tante, Trish, tient un magasin de mode vintage dont Mina est tout autant passionnée. Le bal de promo pointant le bout de son nez, la jeune femme va se dénicher une petite robe seconde main tout à fait adorable. Mais visiblement empreinte de psychométrie, la robe va entraîner Mina dans des rêves sur la vie de l’une de ses précédentes propriétaires, Délia, même âge, mais vivant en 1956 avec Troy, son grand amour...

Voilà un peu ce que vous dit la quatrième de couverture et ne comptez pas sur moi pour vous en dévoiler plus.

Je pensais me pencher sur deux vies croisées, deux histoires d’amour, fraiches et légères malgré leurs petites complications habituelles, mais comme je vous le disais, ce n’est pas vraiment ça… Je pourrais dire ici que les romances ne sont que des toiles de fond au vrai sujet, qui pour moi, a été l’évolution de la place de la femme dans la société. Alors attention, rien de pompeux ou barbant là-dedans, nous restons dans une dimension « roman » et non dans un essai sur les femmes ou le féminisme. Aucun parti pris ici, mais plutôt un constat de certaines vérités, que j’ai trouvées très marquantes et abordées avec beaucoup de sensibilité.

Comme vous pouvez vous en doutez, les jeunes femmes vont rencontrer des difficultés quant à leurs relations amoureuses, et ce fut le prétexte idéal pour l’autrice pour aborder certains points (place de la femme, pressions sociales, regard des autres et faux-semblants…). Le sujet est passionnant et je pourrais en débattre ici mais honnêtement j’ai peur de vous casser l’intérêt de la découverte alors je vous laisse plutôt lire et découvrir ce que Cécile Guillot a voulu nous démontrer. Deux époques, deux pressions sociales bien différentes, mais au final, nous avons encore du chemin à faire pour nous en libérer, un extrême n’étant pas plus avantageux que l’autre…

En dehors de cela, l’atmosphère était telle que je l’attendais. La plume est toujours aussi délicate et sensible, les personnages sont à l’image de cette plume pour certains et l’atmosphère est très réaliste, avec des moments doudous et des moments tendus. Un équilibre parfait est créé entre ces moments, balançant entre la dureté de certaines scènes et de certains personnages, et la douceur de notre héroïne et de la plume de l’autrice. J’ai notamment particulièrement apprécié le magasin de la tante Trish, j’avais une telle impression de réalisme que j’aurais presque pu sentir l’odeur des étoffes et toucher les différents tissus. Cécile Guillot partage ici un bout de sa passion et le fait, comme à son habitude, avec beaucoup de justesse et de sensibilité.

Enfin je noterai que les deux fins (puisque nous suivons deux héroïnes) sont très loin des clichés et que j’ai apprécié ce parti pris.

Bref, vous l’aurez constaté, ce roman m’a apporté ce à quoi je m’attendais au niveau de sa plume et son atmosphère, mais le contenu m’a totalement surprise et, avouons-le, bouleversée. Un roman délicat, profond, riche en émotions, doux et dur à la fois, sincèrement abouti.