Emergency, Tome 1 : Morsure nocturne.

Auteur : Cassie Alexander
Editeur : j'ai Lu Darklight
Parution : Octobre 2013
Pages : 390

RESUME :

« Pour sauver mon frère de la drogue, j'ai accepté les yeux fermés le poste proposé par l'Hôpital du Comté. Ironie du sort, l'école d'infirmières m'avait préparée à beaucoup de choses, sauf au service Y4 : une aile secrète du bâtiment dédiée à toutes les créatures surnaturelles possibles et imaginables. Et quand il y a urgence avec ce genre de patients, difficile d'en sortir indemnes… ou d'en sortir tout court ! »

CHRONIQUE :
(07 Juin 2015)

L'auteure, infirmière de son état, proposait un résumé trop alléchant pour que je passe à côté : un hôpital à section spéciale pour créatures surnaturelles et pleins de choses bizarres qui s'y passe. Je ne pouvais pas passer à côté. Mais les avis sur ce livre étaient pour le moins mitigés : du bon et du moins bon, des notes allant de 8 à 18 sur livraddict : bref, je devais me faire ma propre opinion !

J'ai beaucoup aimé le côté urgences créatures ! Le côté soins infirmiers. L'auteur maîtrise le sujet à la perfection (et pour cause !) et j'ai vraiment apprécié cette partie! Les créatures arrivant dans des états incroyables et tous les soins à apporter, parfois complètement loufoques ( on ne soigne pas un vampire ou un garou comme un enfant !). Certaines chambres sont plus des cages, l'une des infirmières est plutôt véto, bref l'idée de base est très drôle, piquante et originale. J'ai totalement adhéré. En revanche, faisant partie du milieu médical, le jargon employé ne m'a pas gênée du tout, mais je me demande si des personnes pour qui ce milieu relève de l'inconnu n'ont pas étaient perdues ou soûlées par ce côté. Là, ça relève de la subjectivité de chacun. En tout cas, j'aurais aimé passer plus de temps dans cet hôpital.

"Mes patients, ici? Disons seulement que "commun" n'était pas le premier adjectif qui venait à l'esprit si on les croisait dans la rue. Ni même le vingtième."

J'ai aussi pas mal aimé les différentes créatures et leur mode de vie. On trouve des garous, des vampires, des zombies et des créatures un peu plus fun. Même les zombies ont une nature et une façon d'exister particulière.

Durant la première partie, l'auteure prend le temps de présenter son monde et la section Y4 de l'hôpital avec ses soignants un peu spéciaux. Je dirais qu'elle prend aussi un peu le temps de régler ses comptes avec les médecins... On sent l'infirmière au fond d'elle qui s'exprime ! Saletés de médecins jamais là à temps... Bref, une fois tout l'univers mis en place, je commençais à me demander où elle voulait en venir, où elle voulait m'emmener. Heureusement une trame plus centrale arrive à temps pour échapper au début d'ennui qui pointait immanquablement le bout de son nez...

Le souci c'est que cette trame a été ... décousue et parfois tirée par les cheveux. Je n'ai pas peur de dire que l'auteure m'a perdue plus d'une fois dans ses explications. La voilà en train de vous parler de différentes familles (?) sortes (?) espèces (?) de vampires, de conflits entre eux etc, et là... C'était sincèrement beaucoup trop brouillon. Beaucoup d'éléments manquent de détails afin que l'on puisse comprendre les tenants et les aboutissants ou même qui est réellement qui (ça se démêle un peu sur la fin, mais passé des centaines de pages dans le flou, c'est un peu tard quoi....)
En plus, notre héroïne, ben oui quand même parlons d'elle aussi la pauvre! Je disais donc, notre héroïne, qui s'appelle Edie, a parfois des réactions pas crédibles. Mais commençons par une présentation :
Edie était infirmière dans un autre hôpital de bonne réputation (l'hôpital du Comté a réputation de mouroir). Elle a un frère junkie qui ne s'en sortait pas. Un jour qu'il clamsait tranquille d'une overdose d'héroïne, un étrange homme est venu voir Edie : va bosser au Comté sans poser de questions et on sauve ton frère. Et hop là, ni une ni deux voilà notre Edie qui fait exactement ce qu'on attend d'elle. Point positif : son frère est devenu immunisé à la défonce. Point moins positif : elle découvre les créatures surnaturelles du Y4.

"Elle attaqua le marginal, la main tendue, et lui arracha la moitié du cou au passage. Sa tete ballotta d'un côté, laissant apparaître le bout de sa colonne vertébrale, avant qu'un nuage de cendre ne commence à s'échapper du trou béant laissé par [XX]."

Le boulot n'apparaît pas facile, mais Edie fait de son mieux. Mais par un coup du sort vraiment malheureux, la voilà à exécuter la dernière volonté d'un vampire mourant : sauver Anna. Et c'est là que tout part en cacahuète : voilà notre chère Eddie, qui ne connaît même pas le vrai nom dudit mourant, qui va aller essayer de retrouver la fillette (trop facile). Et finir par se rendre compte qu'elle est retenue et torturée par une bande de vampires ultra dangereux. Appeler les flics ? Pensez-vous ! Edie va aller sauver Anna toute seule, logique voyons !!

Et après cela, toute une histoire se mêle autour de ladite jeune Anna et de Edie. Histoire qui aurait pu être très sympa si elle n'avait pas été aussi brouillonne...

En résumé, encore une lecture en demi-teinte avec un univers de base qui me branche bien, mais avec une intrigue maladroite, mal expliquée ou mal exploitée, je ne sais trop. Ce qui fait que malgré les personnages hauts en couleurs et cet hôpital pas comme les autres, j'en avais des fois ras la casquette de rien comprendre à ce qu'on essayait de me raconter .... Avec parfois des détails dont je me fichais royalement et d'autres fois où les détails manquaient cruellement...
Quant à la romance, elle ne m'a pas touchée un quart de seconde, mon coeur est resté aussi sec que celui du zombie dont il est question...

Alors la suite, bah euh... Je sais vraiment pas quoi....
Je ne le recommande pas spécialement mais certains ont visiblement su mieux apprécier que moi alors n'hésitez pas à vous faire votre propre impression.

"_ Mais si tu crois au paradis, repris-je en m'éloignant un peu plus de lui, alors c'est que tu estimes que quelqu'un compte les points. Et si quelqu'un tient les comptes, si nos actes importent vraiment, alors la vie devrait être juste et équitable. Et, je suis désolée, mais ce n'est pas le cas. Des merdes arrivent tout le temps aux gens bien, et les personnes nocives n'ont jamais ce qu'elles méritent. Ne me dis pas qu'il y a un paradis, comme une sorte de récompense perverse pour s'être bien conduit. C'est des conneries de haut niveau, des conneries sur toute la ligne."

Lire un extrait :