Felicity Atcock, Crossover : Les Anges ont la Mort aux trousses.

Auteur : Sophie Jomain / Maxime Gillio
Editeur : Rebelle Editions
Parution : Mars 2016
Pages : 136


RESUME :

Si je vous dis que je viens de rencontrer un zombie, vous me croyez ? Remarquez, je ne suis plus à ça près. Sauf que celui-ci, il est quand même d’un genre particulier. Odieux, macho et… intelligent. C’est bien ma veine !

J’aurais beaucoup à dire sur Orcus Morrigan, mais il n'y a pourtant qu’une seule chose à retenir : pas de bras, pas de pancréas ! Information donnée à toutes fins utiles. Faites-en ce que vous voulez ! Mais si vous le croisez un jour… pensez-y.

CHRONIQUE :

(22 Avril 2016)


"- Qu'est-ce qu'elle a votre peau ? Vous êtes malade ?
- Non. Je suis mort.
Je me raidis, et, sur le coup, je suis incapable de savoir s'il est sérieux ou non. Même s'il faut bien admettre qu'il a vraiment une tête de déterré.
- T'as déjà entendu parler des zombies, petite ?
Summum du ridicule : je cligne des paupières. Plusieurs fois.
- Euh... Attendez... Vous êtes un zombie ?
- Pur jus.
Je le considère avec attention. Il a l'air sérieux.
On ne m'aura décidément rien épargné. Rien."

 
"Les anges ont la mort aux trousses" est une novella, crossover entre Felicity Atcock et Orcus Morrigan.
 
Personnellement, je ne connaissais pas ce dernier, personnage de Maxime Gillio. Mais avec ce crossover, je me suis achetée le premier tome des aventures dudit Orcus, un "héros" pas vraiment comme les autres.
 
Pour replacer un peu ce livre dans le contexte, "Les anges ont la mort aux trousses" est donc paru dans la foulée du tome 5, avant dernier tome de la série. L'histoire se passe en revanche vers la fin du troisième tome, mais Felicity se fait une joie de vous remettre les pendules à l'heure, histoire que vous ne soyez pas paumés en cours de route. Bref, dans cette aventure, Feli est encore en cloque (de 5 mois je pense).
 
Mais alors, me direz-vous, pourquoi n'entendons nous donc pas parler de cela dans les tomes 4 et 5 ? C'est pas crédible ! Non ? Ben en fait... Si. Eh eh. Lirez, vous comprendrez.
 
Ah ! je sens poindre votre remarque suivante : ouais m'enfin, si deux tomes sont passés sans qu'on en cause, du Orcus machin zombie, c'est que ça apporte pas grand chose à l'histoire. Ben... En apparence non. C'est vrai. Mea Culpa. Mais premièrement, je ne vois pas en quoi cela est dérangeant, le bonheur de suivre Feli dans un bonus me suffit. Deuxièmement... Relisez ce que j'ai écrit juste au dessus : nan, AVANT le mea Culpa. Oui là : là où je dis "en apparence". Ouais, parce que si c'est en apparence, ça ne veut pas dire que c'est la réalité. Or, Feli vous adresse un petit mot pour la fin, où elle laisse entendre que nous aurons nos explications dans le tome 6. Et qui dit explications dit rapport. Et qui dit rapport dit apport à l'histoire. Et toc.
 
Quant à Orcus, je ne connaissais pas l'armoire à glace pourrissante, alter ego de son auteur. Quoi  je suis pas gentille ? Ouais c'est vrai, je suis désolée. Vraiment. La comparaison était pas cool. Pardon. Pardon gentil zombie, pardon, j'ai été méchante avec toi. Bon ok ok, j'arrête, il est adorable son papa auteur à Orcus. En tout cas, j'ai cru comprendre que cette histoire avec Feli se déroulait une dizaine d'années après Manhattan Carnage, le tome 1 des aventures... ben d'Orcus Morrigan pardi.
 
Côté histoire, le roman étant court, je ne vous dirai rien, gnek gnek...
 
Côté personnages, parlons d'abord du p'tit nouveau. Enfin le p'tit qui avoisine les deux mètres à priori. Au final, je trouve que Felicity le décrit à la perfection dans la quatrième : "odieux, macho et intelligent." Clairement Orcus est un anti-héros, une tête à claques version toutes options. Déjà pour commencer, c'est un zombie, alors les filles, laissez tombez tous vos fantasmes qui ne demandent qu'à s'épanouir, croyez moi, les descriptions de son faciès décomposé n'ont rien de très glamour (encore qu'après tout, il en faut pour tous les goûts...). Ensuite, le gars est pas particulièrement sympa. Je vous rassure, il n'a pas bouffé Felicity (je spoile pas hein, sinon les tomes 4 et 5 existeraient pas...), mais c'est vraiment parce qu'il avait pas le droit. Le gars est plutôt rude, odieux, avec un humour plus que lourd. Le tout servi par un langage disons... fleuri. Stan fait carrément office d'enfant de coeur à côté de lui... En tout cas, le gugus amène une sacré touche d'action et m'a beaucoup fait rire. J'ai hâte de me plonger dans ses propres aventures afin de savoir si son humour typique de mec à deux balles va continuer à me faire rire ou va finir par me lourder... Eh eh.
 
"Je me lève posément, puis avec une lenteur tout étudiée, je m'arrache le couteau de la tête. Je tique en voyant les morceaux de peau et de cartilage accrochés à la lame. Ça va encore me coûter une blinde chez l'esthéticienne, ces conneries."
 
Feli, de son côté, ne faisait pas la maligne face au mort-vivant. Je l'ai déjà vu plus cinglante et bravache et cela m'a fait bizarre de la retrouver apeurée et fragile à certains moments (les hormones peut-être ? Quelle idée de pondre un gosse aussi !). Et malgré tout, je dois l'avouer, Stan et Terrence m'ont manqué (surtout Stan), mais il n'était pas possible, pour la crédibilité, de les faire intervenir (j'me comprends... Quoi, pas vous ? Nan ? Ben lisez, normalement vous comprendrez). Après je dois dire qu'un petit face à face Orcus / Stan pourrait être... Explosif.
 
En tout cas, une chose est sûre, j'ai vraiment ri. Et comme j'ai eu l'occasion de voir les deux auteurs au Salon du Livre de Paris, ce fut l'occasion d'en apprendre un peu plus sur leur façon d'écrire, et, à priori, ils écrivaient en simultanée. Ce qui donne des notes de bas de page parfois complètement hilarantes, vu que chacun a sa propre interprétation des livres et surtout des personnages de l'autre...
 

"C'est un peu le problème dans la littérature de gonzesses, on abuse des dialogues et ça manque singulièrement de karaté18.

                       [18. Ndlr : Sophie vient de recracher son quatre heures.]"
 
Bref, rien qu'à voir la bonne entente entre les deux co-écrivains, j'étais d'ores et déjà sûre de passer un super moment. Alors certes ce n'est pas le tome le plus original des aventures de Felicity, mais je dois dire que je me suis bien marrée. Et c'est tout ce qui compte.