Il neige sur Encelade.

Auteur : Olivier Moya
Editeur : Editions du Chat Noir, collection griffe Sombre
Parution : Février 2014
Pages : 200 environ

RESUME :

Après avoir survécu au meurtre de sa mère, Steven est placé en institution et confié aux bons soins de Sylvère Murat. Une relation particulière s'établit peu à peu entre le psychologue et son patient de quatre ans, obsédé par le mystère du « chat qui s'allume », dernières paroles de sa défunte mère. Cependant, au fil des sessions, le thérapeute décèle dans l'ombre du garçon un énigmatique inconnu qui parle au nom du petit. L'étrangeté de ce phénomène atteint un point de non-retour le jour où l'enfant disparaît sans laisser de traces.

Pour Sylvère, le lien n'est pas pour autant rompu. Au contraire, une série d'inexplicables coïncidences vient le renforcer, poussant le psychologue à mettre sa vie routinière entre parenthèses afin de partir à la recherche de Steven.
Mais ce qu'il trouvera au terme de son voyage sera au-delà de toute imagination…

Avec ce roman aux accents Murakamiens, Olivier Moyano nous offre une fiction empreinte d'onirisme où l'on apprend qu'il n'est jamais trop tard pour trouver sa place.

CHRONIQUE :

Voici un texte étrange s'il en est. Incapable de le classer, il m'est même difficile de vous en parler…
Il y a des textes qui se lisent, puis se laissent oublier peu à peu, égarés dans un coin de notre esprit. Et puis, il y a ceux de plus grande qualité qui vous marquent, ceux dont vous pourriez parler même des mois après, dont les images vous reviennent en mémoire dès que vous évoquez son titre... Il neige sur Encelade fait partie de ceux-là. Ayant lu ce texte il y a un moment déjà, puis écrit la chronique dans la foulée, je me rends compte qu'à présent, au moment de la partager avec vous, je me souviens parfaitement d'Encelade, et qu'une foule de souvenirs flottent entre mes yeux et l'écran...

Tout son attrait réside dans son originalité et son imprévisibilité.
Alors… point de vue scénario, la quatrième de couverture vous donne assez d'éléments.

Le début de ce texte, et notamment son premier chapitre, n'a rien d'onirique, loin s'en faut, puisque l'on fait la découverte du petit Steven, âgé de quatre ans, dont la mère vient d'être sauvagement assassinée par le père.
Le petit est placé en institution et suivi par un psychologue, Sylvère Murat, qui s'attachera à son patient plus que ne le voudrait son métier. Cette première partie est assez axée sur la psychologie, et notamment sur les remparts qu'utilise le petit Steven pour faire face au choc émotionnel qu'il vient de vivre. Olivier Moyano, Psychologue, traite du sujet avec beaucoup d'aisance, et les novices en la matière comme moi sauront apprécier ce « baptême » romancé.

Pour revenir à nos moutons (ou à nos chats en l'occurrence), Steven est attachant. En ce début de roman, il vous parlera, beaucoup, avec son langage de bambin. Si certains d'entre vous, comme moi, se sentent rebutés par la difficulté à décrypter ce langage enfantin, rassurez-vous ! il ne dure que peu de temps. En effet, Steven vieillit et son langage évolue en conséquence, l'enfant restant deux ans au contact de Sylvère dans l'institution. Et cette utilisation évolutive du langage, qui au début me faisait peur (ne me voyant pas lire un texte entier avec les mots d'un enfant de quatre ans) est devenue une vraie force et qualité de texte.

Et puis après… Et puis après Steven disparaît et c'est Sylvère qui nous contera la suite de l'histoire. En effet, mû par l'instinct et troublé par les événements étranges auxquels il assistait en compagnie de Steven, notre psy va plaquer l'intégralité de sa vie, pour se mettre à la recherche de son protégé…

La suite ? Je vous laisse la découvrir grâce à la plume à la fois poétique et savante de son auteur. Mais le début de ce roman est loin de nous permettre d'imaginer notre lieu d'atterrissage.
Le petit point négatif réside, pour moi, en certains passages qui ne font pas réellement avancer l'intrigue… Parfois je trouvais même Steven trop mis de côté. Heureusement, ces passages, poétiques à souhait, savent tout de même se rendre intéressants, et, finalement, se suffire à eux-mêmes.

Pour lire et apprécier Encelade, il faut savoir garder l'esprit ouvert et accepter l'impensable. « Il neige sur Encelade » est une balade pour nos esprits trop ancrés dans une réalité terre à terre. Malgré tout, ce roman fourmille d'informations scientifiques et réelles, distillées au cœur d'une ode à la rêverie.
L'originalité de ce roman tient dans le fait que jamais vous ne savez où les pages vont vous conduire. Vous ne pouvez pas deviner, vous ne pouvez pas inventer, vous ne pouvez que vous laisser guider. Croyez-moi, ce roman n'a pas de frère jumeau.

Alors, si votre esprit cherche à s'évader, laissez Encelade vous mener la tête dans les étoiles.

PS : Mention pour la magnifique couverture, signée Mina M.

« Tu sais toi, si ça s'allume un chat ? ».