Kate Daniels, Tome 1 : Morsure Magique.

Auteur : Ilona Andrews
Editeur : Milady Bit-Lit
Parution : Novembre 2011
Pages : 320

RESUME :

« À Atlanta deux réalités s'opposent : celle de la technologie et celle de la magie. Pendant une vague magique, les mages sauvages lancent leurs sorts et des monstres apparaissent, les armes à feu refusent de fonctionner et les voitures ne démarrent plus.
Puis la vague se retire aussi vite qu'elle est venue en laissant derrière elle toutes sortes de problèmes paranormaux. Nous vivons une époque dangereuse. Mais dans le cas contraire, je serais au chômage.
Quand les gens ont des ennuis qui relèvent de l'occulte, et que la police ne veut ou ne peut pas les régler, on fait appel aux mercenaires de la magie comme moi. Mais quand un nécromancien anéantit la seule famille qui me reste, je n'attends plus les ordres et je dégaine mon sabre. »

CHRONIQUE :
(26 Octobre 2015)

Belle découverte avec ce premier tome de Kate Daniels. Nous plongeons ici dans un monde très particulier et riche (parfois même un peu trop, j'ai eu du mal à me dépêtrer de certaines informations).

Le monde alterne entre vagues magiques et vagues technologiques. Tandis que cette dernière laisse fonctionner les voitures et sape agréablement les pouvoirs magiques, la première permet aux différentes créatures pourvues de dons de s'exprimer pleinement (voire trop). Ce monde inédit créé par l'auteur offre des possibilités infinies. Car même si l'on retrouve des métamorphes et des vampires, l'auteure ne fait pas dans la simplicité. Premièrement, les créatures que nous connaissons voient leur mode de fonctionnement entièrement revisité. Ensuite, ils sont loin d'être les seuls sur le marché d'Ilona Andrews... C'est donc dans un monde foisonnant mais compliqué que nous plongeons à pieds joints. Même si j'avoue avoir grandement apprécié cette originalité et le travail de l'auteur (aucun détail n'est laissé au hasard, pas même les téléphones !), certaines fois, je croulais un peu sous la complexité de cet univers, dont technologie et magie sont étroitement liés. Il m'a fallu un peu de temps pour réussir à accrocher et décanter les informations en ma possession. Car nous plongeons directement dans l'univers, sans introduction, devant assimiler une foule d'informations sans en avoir les explications. Très déroutant à vrai dire. Au début, je lisais en espérant que le tout se décanterait par la suite, car par moments, je ne décodais vraiment pas tout !

« Le rapport d'autopsie confirma que le cadavre décapité était un Homo sapiens immortuus, un vampire. Nom ironique dans la mesure où l'esprit d'un humain mourait lorsque le vampirisme prenait le pouvoir. Les vampires ne connaissaient ni la peur ni la pitié, ils ne pouvaient pas être dressés, ils n'avaient pas d'ego. Sur l'échelle de l'évolution, ils étaient proches des insectes, disposant d'un système nerveux mais incapables de former des pensées. Ils étaient gouvernés par une soif insatiable de sang et, dans leur besoin de la calmer, ils massacraient tout sur leur passage »

Ceci étant, l'histoire et surtout le personnage de Kate valent largement cet effort. Kate est une mercenaire, elle offre ses services afin de se pencher sur des affaires paranormales auxquelles personne ne veut se frotter... Mais un jour que son mentor va se faire assassiner, elle décidera d'enquêter... pour son propre compte. Il faut savoir que même au sein des enquêteurs / chasseurs comme elle, il y a une vraie recherche de l'auteur avec une hiérarchie établie. Ainsi la Guilde des mercenaires est bien différente de l'Ordre et de ses chevaliers... J'avoue y avoir au début perdu mon latin.

C'est ainsi que nous faisons la connaissance de Kate et de Slayer, son katana lui aussi imprégné de magie. On ressent dès le début le potentiel magique de Kate, mais l'auteur laisse planer le mystère quant aux origines de la jeune femme et son réel pouvoir... Pouvoir que nous ne ferons visiblement qu'effleurer au cours de ce tome.

Kate est un personnage très agréable, qui cache facilement ses craintes derrière une bonne dose de sarcasme. Sarcasme qui a pour effet de la mener encore un peu plus loin dans les emmerdes, comme si elle en avait besoin... Malgré son immense pouvoir et son caractère aussi solide que son katana, on sent que la mercenaire est émotive, plus fragile qu'en apparence, et, par dessus tout, seule. Elle est cynique et bourrée d'humour, faisant des dialogues une vraie partie de plaisir. En résumé, c'est une véritable emmerdeuse.

"«Dans le doute, quand tu as besoin d'informations, cherche un indic et presse-le comme un citron.» C'était l'une des rares techniques d'investigation que je maîtrisais, avec « emmerde tout le monde jusqu'à ce que le coupable tente de t'assassiner ». Pousse-toi de là, Sherlock."

Le deuxième personnage notable est Curran, le Seigneur des Bêtes, chef des métamorphes. Comme beaucoup de fois lorsque je suis confrontée à des métamorphes, je ne sais pas si j'apprécie son personnage ou si j'ai envie de le baffer... Un peu des deux je suppose, mais ses trop nombreuses démonstrations de force et sa susceptibilité de chef sont agaçantes. En revanche, j'avoue l'avoir de plus en plus apprécié au fur et à mesure qu'il se relâchait.

En tout cas, rien n'empêchera Kate de rentrer sur son territoire ou sur celui du Peuple (qui dirige les vampires, pour simplifier) avec ses gros sabots. En effet, quelqu'un semble bien décidé à déclencher la guerre entre ces deux peuples, qui ne s'aime déjà pas d'un amour tendre à la base. Aller apaiser les tensions entre tout ce petit monde ne s'avérera pas de tout repos.

« Sur l'herbe automnale, des corps de Wolfs morts, une piscine gonflable pour enfants – bleue avec des canards jaunes – pleine de sang et de colliers d'entrailles, une femme nue et couverte de sang, des trous noirs à la place des yeux. Les bras tendus devant elle, elle trébuchait sur les corps, attrapait le tronc d'un pin pour garder l'équilibre et appelait, sa voix était à peine plus forte qu'un murmure. « Megan ! Megan ! » Et nous, deux dizaines de mercs en armure de combat, incapables de lui dire que le corps de Megan était pendu aux branches de l'arbre auquel elle se raccrochait. »

Ceci étant, l'intrigue est vraiment complexe, et, mélangé à cet univers déroutant, je me suis un peu essoufflée (d'autant que je l'ai lu en e-book, ce que je n'aime pas, et que j'ai donc étalée ma lecture sur plusieurs semaines...). Je pense lire le second tome "normalement", sur deux-trois jour en version papier, histoire de voir si je m'y perds et si le côté brouillon est toujours là, ou si le mode de lecture n'était vraiment pas adéquat. À voir. Car même si l'ensemble est plus clair, il reste tout de même une bonne dose de flou dans cette histoire...

Pour être honnête, je serais bien en peine de faire un résumé de l'histoire, alors que j'ai apprécié ma lecture... Oui Kate Daniels a eu un drôle d'effet sur moi. A la fois passionnant et trop alambiqué.
Il faut aussi noter la mise en forme aléatoire du livre. Je ne sais pas si c'est juste sur la version numérique ou idem pour la version papier, mais parfois les changements de paragraphes n'étaient pas franchement bien réalisés. On passait d'une action à l'autre sans même sauter une ligne pour nous expliquer que oui, on fait un bon dans le temps, on n'est plus au même endroit ou que sais-je encore. Je passe la longueurs des chapitres (50 pages), tout à fait peu engageante et ne contribuant pas à imprimer un rythme dynamique.

Mais vu que la fin a su me charmer et me convaincre, et que le personnage de Kate Daniels me plait beaucoup et m'amuse tout autant, je pense essayer le tome 2 afin de laisser une deuxième chance à l'auteur de me convaincre. Car au moins, Kate Daniels n'est pas l'un de ces ennuyeux copier-coller à la mode, que l'on voit trop fréquemment, surtout en urban-fantasy.

"La tête sursauta. Les os du crâne craquèrent comme une coque de noix cassée. La chair se détacha du visage, se recourbant comme de longues pelures. Le crâne éclaté dévoila la masse gélatineuse du cerveau. La puanteur emplit la cuisine. Je jetai un sac-poubelle en plastique sur la tête et renversai le plateau, mettant la tête et les herbes dans le sac que je nouai et posai dans un coin. Le sang dans la glycérine s'était coagulé en une masse pourrissante et laide. Je jetai le tout dans l'évier.
Crest se frotta le visage.
— Je vous avais prévenu.
Il acquiesça."