King's game.

Auteur : Nobuaki Kanazawa
Editeur : Lumen
Parution : Mai 2014
Pages : 374

RESUME :

Nobuaki est réveillé en pleine nuit par un étrange SMS qui met au défi deux de ses camarades de lycée de s'embrasser. Le mystérieux expéditeur du message prétend que la classe entière participe à un “King's Game”. Jour après jour, les défis se succèdent, et les lycéens sont bien obligés de se rendre à l'évidence : ils ont 24 heures pour
s'exécuter et la sanction en cas de désobéissance est la mort.

Suicides ou meurtres ? Puissance occulte ou criminel de chair et de sang ? Où qu'elles soient, quoi qu'elles tentent pour s'échapper, la mort vient trouver ses jeunes victimes,
infaillible. Le couperet se rapproche dangereusement de nos héros… Parviendront-ils à découvrir la vérité avant qu'il ne s'abatte ?

CHRONIQUE :

King's game. De ce roman a été tiré une série de mangas. Il faut dire que celui-ci se prête à ce genre d'adaptation. En effet, le monde, les réactions et les personnages sont typiques des histoires japonaises. Ce que j'entends par là, c'est que nous retrouvons parfois des réactions poussées à l'extrême, dans un style "drama" tout japonais (les jeunes filles de 16 ans prêtes à se sacrifier par amour, dans une situation très théâtrale...), des dialogues typiques du monde Manga, ainsi que des descriptions particulières. Ici même le gore est décrit de manière "dessin animé". On vous parle d'un corps démembré, mais les personnages ont tellement peu de réactions face à ce phénomène qu'aucun sentiment d'urgence, d'angoisse, de dégoût ou de terreur ne s'installe. Impressionnant et déroutant à la fois, typiquement japonais. la construction du récit est par conséquent différente de ce que nous avons l'habitude de lire, il faut le lire en ayant conscience de cela.

Pour l'histoire, nous rencontrons Nobuaki Kanazawa (non, ce n'est pas une erreur, le personnage principal a le même nom que l'auteur. A moins que ce ne soit l'inverse...), élève au lycée de Tamaoka. Un soir, tard, sa routine et celle de sa classe est brisée par un étrange SMS, annonçant aux élèves qu'il font désormais partis du "Jeu du Roi". Les règles : les élèves désignés doivent répondre à des défis. En cas de non réponse, un gage est attribué : la mort.

Peu enclins à écouter ce plaisantin, les élèves vont dans un premier temps être étonnés ou choqués par ce jeu. Mais quand les premiers meurtres apparaissent, l'humeur n'est plus à la rigolade et à l'insouciance. Les lycéens vont se retrouver à la merci d'un jeu glauque et sans retour. La violence monte crescendo et les défis deviennent de plus en plus sordides.... Et les élèves de tomber, un à un.... Pourtant la police ne les croira pas quand ils lui parleront du king's game, et les jeunes gens seront livrés à eux- mêmes pour essayer de se sortir de cette situation terrible, et surtout... trouver le roi.
Etre de chair et de sang ou entité maléfique? L'urgence se fait sentir et le carnage continuera tant que personne ne mettra un terme à tout ça.
Le point peu crédible et décalé ici vient de l'inactivité des adultes. Les jeunes se font décapités, pendre, immolés, mais personne n'intervient. La police ne les prend pas au sérieux, les parents ne sont même pas inquiets... De ce point de vue, il y a un sérieux manque de crédibilité, et il faut savoir passer outre ce gros défaut pour ne s'intéresser qu'au jeu en lui-même. Je pense que ce point freinera énormément beaucoup de lecteurs.

"Haine, ignominie, jalousie, lamentation, désir, trahison. La véritable nature humaine se dévoile quand on est dos au mur. Notre vraie est mis en question. C'est ça, l'humanité... Nous sommes des insectes enfermés dans une cage en osier. Ceux qui en sortent sont paralysés par les aiguilles qui leur transpercent les membres et s'abandonnent à cet écho qu'on appelle la mort. "

Un livre addictif, qui se lit très vite et que l'on a du mal à lâcher, cherchant désespérément des réponses à nos questions, émettant hypothèse sur hypothèse afin de trouver qui est le roi. Une fin mystérieuse mais pas très claire à mon sens, ayant les réponses à mes questions sans vraiment les avoir... Le tome 2 saura-t-il répondre à tout, ou ne sera-t-il qu'un copier coller du tome 1? J'avoue ne pas savoir, mais en attendant je me suis régalée avec cette incursion dans le monde fantastique japonais de Nobuaki Kanazawa.

Une lecture très originale, pourtant empreinte de défauts, qui n'épargne en aucun cas ses lecteurs et ses personnages, un thriller pervers à souhait mais addictif.

"Les extrémités de ses doigts étaient agitées de spasmes, comme si elles demandaient a vivre encore. La salle de classe se trouvait au quatrième étage : on avait peu de chances de réchapper d'une telle chute.
Sa tête avait du heurter de plein fouet les briques du parterre, car du sang s'en écoulait et se répandait lentement sur sa peau blanche en une multitude de petites veines. De belles fleurs épanouies encerclaient son cadavre, comme pour rendre hommage a ce corps qui, de son vivant, avait captivé tant d'hommes. "

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