La Forêt des Damnés

Auteur : Carrie Ryan
Editeur : Editions Gallimard jeunesse
Parution : Février 2010
Pages : 384


RESUME :

Dans le monde de Mary, il y a des vérités simples.
Les Sœurs savent toujours le mieux.
Les Gardiens protègent et servent.
Les Damnés, revenus de la mort, ne renonceront jamais.
Et il faut se méfier de la clôture qui entoure le village.
La clôture qui les sépare de la Forêt des Damnés.
Mais lentement, les vérités de Mary s'effondrent et son monde est plongé dans le chaos.
Elle doit faire face à la vérité de la Forêt des Damnés.
Se pourrait-il qu'il y ait de la vie dans ce monde dévoré par la mort?

Un monde post-apocalyptique peuplé de zombies, une histoire d'amour ensorcelante.

CHRONIQUE :

(9 Mai 2016)


"La forêt des Damnés" est un livre que nous avons lu en lecture commune avec le groupe Facebook "Zombies lecteurs anonymes". 

Pour ma part, cela faisait un moment que je voulais le découvrir, donc c'était un réel plaisir de le commencer. Pourtant, je ressors mitigée de ma lecture. Il faut dire que j'avais eu pas mal d'échos positifs de ce livre (qui est un premier tome, mais peut se lire seul, la suite se passant beaucoup plus loin dans le futur), et du coup, je pense que j'avais placé la barre trop haute. 

Mary a toujours vécu dans son village, ceint de grillages protégeant sa communauté des Damnés. Ces derniers sont là depuis si longtemps qu'on en perd le compte, arrivés après l'apocalypse qui a ravagé la terre. 

La vie de Mary est assez simple, voilà ce qu'elle sait : son village est la dernière enclave d'êtres humains sur la terre. Les Damnés rôdent sans cesse aux abords de la clôture. Il ne faut jamais sortir au-delà du grillage. Son père lui a été volé par les zombies. Les Sœurs, au sein de leur cathédrale, sont les garantes du savoir, et grâce à leur lien avec Dieu, c'est elles qui prennent les décisions. Les Gardiens, quant à eux, sont là pour protéger le village et vérifier les clôtures. A un certain âge, l'on se doit de se marier et d'avoir des enfants afin de pérenniser l'humanité. Voilà. La vie de Mary est simple, organisée, toute tracée.... 

"Maintenant, j'appréhende de venir à la lisière de la Forêt et de regarder derrière la clôture. J'ai peur de le voir là, avec les autres : vêtements en loques, peau flasque, doigts rouges et éraflés à force de tirer sur le grillage, et cet horrible gémissement suppliant."

Sauf qu'évidemment, la vie aime à apporter son lot de surprises, qui ne sont pas toujours les bienvenues. Alors un beau jour, la vie de Mary va voler en éclats. 

Ce livre vous promet : "un monde post-apocalyptique peuplé de zombies. Une histoire d'amour ensorcelante". 

Oui. Bon. Comment vous dire que cette lecture n'a, à mon sens, pas tenu ses promesses... Et que je fus déçue tout simplement...

Au niveau de l'univers, en effet, l'idée est bonne. J'ai adoré ce concept de village au milieu d'une forêt peuplée de zombies. Ce sentiment d'insécurité qui règne sans cesse. Les habitants qui vivent au quotidien avec les vagissements des Damnés en fond sonore. 

"Alors les Gardiens ont mis au point tout un système complexe de portes et de poulies qui retient les Infectés dans une sorte de purgatoire entre les vivants et les Damnés. C'est là qu'est [XX], à présent. Mois je suis assise à proximité. Je l'écoute faire craquer sa mâchoire et claquer des dents comme un chat qui convoite une souris, pendant que l'infection fait rage dans son corps. Elle est trop mal en point pour parler, désormais, trop ravagée ne serait-ce que pour comprendre." 

J'ai aussi beaucoup aimé ce concept de congrégation de Sœurs qui décident tout pour tout le monde. Sœurs, qui, visiblement, ont des secrets à cacher. C'est creusé et j'ai adoré. Malheureusement, certains secrets soulevés ne nous sont pas expliqués, comme notamment celui  qui entoure le personnage de Gabrielle. Je m'attendais à une grosse révélation. Et bien nan. Nada. Que dalle. A quoi ça sert de commencer à creuser une piste, nous faire saliver sur des explications qui auraient pu être géniales, si c'est pour les laisser tomber ? Décevant. Idem en ce qui concerne l'ambigu personnage de Tabitha. Je n'arrivais pas à décider si elle était bonne ou mauvaise. Je pensais que j'aurais une réponse. Encore une déception. 

Et puis, au delà de ça, il faut dire que l'action ne commence réellement que vers la 150eme page ! Dommage aussi. Car les Damnés ont beau être présents, ils ne sont pas vraiment au premier plan pendant un long moment. Bon, disons que l'auteur prend le temps de mettre son univers en place, ce qui aurait tout à fait pu passer si seulement... les personnages ne m'avaient pas autant énervée. 

Car c'est là le deuxième point faible de ce livre. Les personnages ne sont pas attachants, voire horripilants, comme celui de Mary. 

"Est-ce que les Damnés connaissent la peur ? Est-ce qu'ils connaissent le deuil, l'amour, la douleur et le manque ? Une vie débarrassée de toute cette souffrance ne serait-elle pas plus facile ?"

Alors certes, cette dernière à toutes les raisons du monde de ne pas être satisfaite, mais bon sang, elle passe les 380 pages du livre à geindre et à se plaindre ! Même quand les choses ont tendance à s'améliorer pour elle. Et franchement, cela m'a profondément... gavée. N'ayons pas peur des mots. Mary m'a énervée du début à la fin, elle se plaint sans cesse, n'est jamais contente, fait de l'indécision sa ligne de conduite, et en plus, n'est pas courageuse pour deux sous. Elle attend que ses deux prétendants viennent la tirer des mauvais pas. Humpf. J'avais juste envie de lui mettre des claques. 

Quant à ses deux prétendants, parlons-en. Ce sont deux frères et ils aiment Mary tout les deux. Sauf que Mary n'en aime qu'un des deux , mais vous comprenez, rien ne peut être simple et tout doit être compliqué histoire de "pimenter" cette "histoire d'amour ensorcelante". Ben désolée mais on ne peut pas vraiment parler d'histoire d'amour, et en plus, à la place d'être ensorcelante, elle fut chiante et frustrante au possible. Les indécisions de Mary et les pseudo loyautés des deux frères, ça va bien deux minutes, mais juste deux minutes quoi... 

Même Jed, le frère de Mary, je n'ai pas réussi à m'y accrocher. Il lui arrive à lui aussi des horreurs mais bon comment dire.... Tout est fait dans ce bouquin pour faire pleurer dans les chaumières et ça m'énerve. Ça ne marche pas sur moi. D'autant que le personnage n'est pas assez travaillé pour être attachant, en fait je dirais qu'il est sacrément égoïste et peut se comporter comme un enfoiré, donc ses déboires, je m'en fichais comme de ma première paire de chaussettes. 

Bref les personnages n'ont pas trouvé grâce à mes yeux, ils m'ont laissée au mieux indifférente, au pire exaspérée. Et lire 280 pages où l'on cherche constamment à me faire pleurer (insensible que je suis, ça sert à rien) et où le personnage principal se plaint tout le temps même quand les choses vont en s'arrangeant, désolée mais moi je dis Non avec un N majuscule... 

Même la fin était prévisible au possible, connaissant la tournure d'esprit de l'auteur, je savais que ça finirait comme cela. Ce qui fait que je ne fus même pas surprise. Même pas touchée. 

En résumé, ce roman fut une déception pour moi. Certes, il n'est pas mauvais, car toute une partie de l'intrigue est intéressante à suivre et bien exploitée. On y trouve un sentiment d'insécurité et des personnages qui ne savent pas s'ils seront vivants ou morts le lendemain. Donc toute cette partie là est très intéressante, avec un univers agréable et plutôt bien construit. Mais trop de questions restent sans réponses, peu de surprises viennent pimenter le récit, et sincèrement, le personnage de Mary aura été insupportable du début à la fin. De quoi gâcher ma lecture. 

"Le plus bizarre, avec une invasion de Damnés, c'est que le sol n'est pas jonché de morts ; tous se relèvent et rejoignent les rangs de l'ennemi, ou sont dévorés. On voit toujours plus d'amis et de voisins se faire abattre, puis revenir et abattre à leur tour d'autres amis et voisins."


Trailer :