La Nuit des Cannibales.

Auteur : Gabriel Katz
Editeur : Pygmalion
Parution : Mars 2017
Pages : 384


RESUME :

«Le réveil, déjà... Il est sept heures. Bizarre, j’aurais juré l’avoir réglé sur huit. Sous ma main, la table de nuit est plus basse que d’habitude. La radio gueule un truc qui ressemble à Madonna ou Lady Gaga, bref ce n’est pas France Info. Je me lève dans le noir et me demande d’où vient cette infâme odeur de pieds. Je n’ai jamais senti des pieds de ma vie, et même si j’ai assez bu pour me réveiller dans un lit qui n’est pas le mien, ça n’a jamais fait puer personne. L’interrupteur, enfin, me tombe sous les doigts. J’allume.
Je regarde mon bras... qui n’est pas mon bras. Mon nez me paraît pointu, mes pommettes aussi. Putain, je ne suis pas moi.»

Lorsque Maxime de Retz, homme d’affaires de 43 ans, se réveille dans le corps d’un ado, la situation est pour le moins embarrassante. Mais, quand on essaie de l’assassiner, là, tout part carrément en vrille.

CHRONIQUE :

( 28 Janvier 2017)
 

Son nom : Maxime de Retz. Âge : 43 ans. Profession : à la tête d’une agence de mannequins. Belle gueule, belle vie, belles meufs, belles bagnoles... Tout pour être heureux avec une touche d’estime de soi non négligeable.

« Je me suis offert la dernière télé 3D, que je n’ai jamais regardée en 3D, parce qu’il n’y a pas beaucoup de films en 3D, mais quand il y en aura, j’aurai déjà la télé. J’ai un iPhone, un iPad, un iPod, trois crédits dont un sur vingt ans, et une pension alimentaire qui me rappelle tous les mois qu’il n’y a rien de plus con que le mariage.
En gros, je me démerde très honorablement pour mes quarante-trois ans. »


Puis, un matin comme les autres. Un lendemain de cuite quoi. Réveil troublé, réveil troublant. Où est-il ? Que fait-il là dans cette chambre inconnue qui pue le poney. Rectification, lui-même pue le poney. Bouffée d’angoisse, direction la salle de bain, et là vision de cauchemar...
Notre quadragénaire qui a tout pour plaire vient de se réveiller dans la peau d’un ado de 15 ans.
Vous imaginez que pour commencer une journée... on peut mieux faire.

Et voilà notre Maxime, appelé maintenant Aubert, à la recherche du comment et du pourquoi. Comment est-il arrivé dans la peau d’un mioche boutonneux et asocial ? Pourquoi lui ? Et pourquoi diantre cherche-t-on à le tuer ?

Vous l’aurez compris, le pitch est vraiment original et va nous emmener sur un terrain inconnu. Personnellement, c’était pour moi ici l’occasion de découvrir la plume de Gabriel Katz (BOUH LA VILAINE QUI N’A PAS ENCORE DÉVORÉ SES SÉRIES DE FANTASY) et je dois dire que j’ai été totalement embarquée par cette plume.

C’est direct, franc, caustique à souhait, et ça fait du bien. Le début du roman s’attache à nous montrer la nouvelle vie de Maxime Aubert, qui se retrouve parachuté au lycée alors qu’il a 43 ans. J’ai adoré ce décalage, qui permet à l’auteur d’apporter une vision critique mais surtout caustique de la société. C’est sûr que lorsque l’on regarde les choses sous un nouvel angle, ça change un peu tout.

Autant le dire, les 150 premières pages sont d’un humour... hallucinant, je me marrais tout de seule devant ce cynisme affiché et assumé sur les détails de la vie quotidienne. Chaque petit point anodin devient un paragraphe empli d’humour. Il a réussi à me faire mourir de rire sur une scène où une grand-mère propose un coca à son petit-fils... Si si ... quand même. C’est fort, très fort, et je me dis que si tout est aussi satirique dans la tête de l’auteur... ça doit être sacrément le bordel quand même hein...

Mais bien vite, les cadavres vont s’empiler autour de notre ado de 43 balais, et le caustique devra laisser un peu la place à un mode de pensée plus primaire : celui de la survie. Et nous voilà donc partis pour le reste de l’histoire, que je vous laisse découvrir, pour nous amener à une fin... qui m’a fait exploser de rire ! Elle est magnifique cette fin, d’autant que le personnage étant un poil (voire une fourrure complète) arrogant, on ne se plaint pas réellement de la conclusion, ni de la mélasse dans laquelle il s’enterre au fur et à mesure de ses mésaventures. Après, concernant cette fin, j’avoue que j’y avais pensé et espéré vraiment qu’il ose nous la faire. C’est bon de savoir qu’on peut compter sur un auteur lol.

Il faut dire que l’auteur n’y va pas de main morte dans la deuxième parte du livre. Pour une raison que je vous laisse découvrir, là aussi, Maxime Aubert Hugo (ben oui il change beaucoup de nom) va évoluer dans sa tête. Peu à peu, il va changer de mentalité, de façon de voir les choses, etc. Et oui, les changements sont rapides, mais il y a une bonne explication à cela. Bref, ces changements ne sont pas réellement positifs pour notre « héros », c’est à dire que nous, lecteurs, n’allons pas plus nous attacher à lui suite à cela. Bien au contraire, plus le temps passe, et plus Maxime devient l’anti-héros par excellence, ce genre de perso que l’on finit par aimer détester. Je pense d’ailleurs que certains pourront se retrouver gênés par cette évolution un peu bizarre et totalement à 180° par rapport à ce qu’on a l’habitude de lire, mais moi, ça m’a fait mourir de rire. Oui, encore.

Bref ce livre est complètement barré, un poil cynique, et l’auteur s’amuse à mettre mal à l’aise son lecteur en le poussant dans des directions inhabituelles. Personnellement, malgré peut-être une ou deux questions qui auraient mérité un approfondissement (mais pour être honnête, au fond, je m’en tape un peu), j’ai vraiment adoré, j’ai explosé de rire un nombre incalculable de fois, et mon cynisme a été nourri pour les semaines à venir !

 

#PLIB2018

#ISBN:9782756421193