La Nuit des Coeurs Froids.

Auteur : Esther Brassac
Editeur : Editions du Chat Noir
Parution : Mai 2014
Pages : 429

RESUME :

Harald était un vampire psychique heureux jusqu'à ce qu'une pénurie énergétique frappe les cadavres dont il se nourrit, mettant sa santé en péril. Très vite, il constate que ces dépouilles ont des organes aberrants et le mystère s'épaissit encore lorsque ses homologues buveurs de sang tentent, sans raison apparente, de stopper ses recherches. Avec l'aide d'amis, Harald découvre qu'il n'est pas seul victime de phénomènes pour le moins étranges : au même moment, Glasgow subit une vague affolante de suicides et voit l'apparition d'humains mutants. Tous ces événements ont-ils seulement un lien entre eux ? Nicolas Flamel, devenu immortel grâce à la pierre philosophale, observe, conscient de leur gravité. Il décide alors de réunir une équipe pour enrayer cette menace qui se profile à l'horizon.
Mais les enjeux sont-ils aussi évidents qu'ils le croient ? Bien des surprises les attendent...

CHRONIQUE :

S'il y a bien une récurrente au Chat Noir, c'est leur capacité à nous fournir des textes originaux. Après la claque de « Pacte obscur », c'est au tour de « La Nuit des Cœurs froids » de m'en avoir mis plein la vue. Une fois encore, un texte qui emmène son lecteur bien plus loin qu'il ne saurait l'imaginer….

C'est un univers steampunk qui nous ouvre ses portes et nous invite à rentrer dans la vie de ses protagonistes. Univers présent sans être prédominant ni écrasant, l'intrigue en-elle-même faisant déjà preuve d'assez de richesse ! L'auteure n'a pas commis la faute de nous alourdir d'un steampunk trop alambiqué, qui aurait nui ici au reste.

Glasgow. Le jeune Antoine, archiviste à la Grande Bibliothèque Onirique des Gaules Unies, se prend des vacances bien méritées dans une charmante pension de famille tenue par un couple de loup-garous : Les Murray. Bien décidé à profiter de son séjour, ses pérégrinations le mèneront à visiter Lost Castle, petite splendeur du coin. Malheureusement il y oubliera son ordigraphe lors de sa visite. Bien décidé à le récupérer, il retournera dans ce lieu étrange, et sans le savoir, mettra les pieds dans un engrenage infernal…

Glasgow. Harald, vampire psychique de son état semble ces derniers temps bien troublé… lui qui se nourrit de l'énergie psychique résiduelle des dépouilles fraîches commence à connaître la famine. En effet, les cadavres du cimetière voisin semblent asséchés de cette énergie… Notre vampire se décide alors à emprunter lesdits cadavres afin de les autopsier… Il ne peut se permettre de voir ses forces l'abandonner, même s'il doit pour cela subir le courroux d'Erwan l'ancien, spectre en chef du cimetière. Malheureusement, ces dépouilles n'offrent aucune réponse à ses interrogations, en revanche, elles lui apportent un mystère sur un plateau : ces étranges organes, aberrants par nature, sont-ils à l'origine de sa disette ?
Harald est un personnage loufoque. Solitaire, attachant quoique doué de folie pure. En effet, son seul ami est Mouscarpion, son familier, et ses seules conversations sont destinées à son mobilier, qu'il prend sans cesse à partie (et nous permet par là même de glaner bon nombre d'informations sans l'ennui du paragraphe descriptif pur, bravo Esther Brassac).

« — Je tiens d'abord à comprendre ce qui se passe. Cette situation est une insulte à ma personne et il n'est pas question d'en rester là. Je relève le défi ! Allons, l'un de vous a-t-il une suggestion ?
D'un geste de la main, il sollicita son mobilier afin qu'il lui propose des solutions appropriées.
— Non ? Aucune idée ? Vraiment ?
Contrarié de n'obtenir aucune réponse, il lança un œil réprobateur à une araignée qui arrimait sa toile à un vieux tabouret.
— Bon, je vois, conclut-il, déçu par si peu de dévotion à sa cause. »

Glasgow, encore et toujours. L'inspecteur Petrovitch, exaspéré et exaspérant personnage, ainsi que Rastaclous, son adjoint, se retrouvent fort embêtés… En effet, une vague de suicides s'est abattue sur la ville… Certaines personnes, quant à elles, commencent à se balader avec un sang mutant… Que faire pour arrêter tout cela, surtout quand votre commissaire détesté vous somme de trouver une réponse illico presto ? Et pourquoi ces imbéciles HEUREUX décident-ils de passer de vie à trépas du jour au lendemain ?

« À croire que les gens de cette ville veulent essayer toutes les manières imaginables de se tuer. « Glasgow, la ville où il fait bon mourir », voilà un slogan parfait pour rameuter les touristes ! »

Gla… on sait. La pétillante Pétunia, reporter, qui essaie de se fondre dans la marée humaine sans réel succès, enquête sur les faits étranges liés à Pétrovitch et Harald. Un personnage innocent et plein d'humour, au langage bancal, qui apporte indéniablement son petit plus à l'histoire.

Des personnages qui en apparence n'ont rien en commun et qui pourtant, sans le savoir, convergeront vers une même destinée, contre une menace imminente. Le tout sous le regard de l'Alchimiste Nicolas Flamel et d'autres personnalités de renom…

Quand dans l'ombre, des personnes manipulent pour arriver à leurs fins, quand les buveurs de sang s'en prennent au pauvre Harald pour le faire arrêter ses recherches, quand les morts se comptent comme des petits pains, alors la tournure des événements devient pour le moins … inattendue. Partez à la découverte d'un texte riche, à l'imaginaire débordant et aux personnages hauts en couleur. Le tout mâtiné d'un humour savoureux !

Un texte qui m'a surprise à bien des égards, m'emmenant au-delà de toute idée. Ou comment un auteur sait bluffer son public dès sa première publication !

Pour lire un extrait :

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