Les Soeurs Carmines, Tome 2 : Belle de Gris.

Auteur : Ariel Holzl
Editeur : Mnémos, collection Naos
Parution : Novembre 2017
Pages : 265


RESUME :

  

  

  

  

  

Trois semaines séparent Tristabelle Carmine du Grand Bal de la Reine. Trois semaines pour trouver la robe de ses rêves, un masque, une nouvelle paire d’escarpins… et aussi un moyen d’entrer au Palais. Car Tristabelle n’a pas été invitée. Mais ça, c’est un détail. Tout comme les voix dans sa tête ou cette minuscule série de meurtres qui semble lui coller aux talons.

En tout cas, elle ne compte pas rater la fête. Quitte à écumer les bas-fonds surnaturels de Grisaille, frayer avec des criminels, travailler dans une morgue ou rejoindre un culte. S’il le faut, elle ira même jusqu’à tuer demander de l’aide à sa petite sœur. Car Tristabelle Carmine est une jeune femme débrouillarde, saine et équilibrée. Ne laissez pas ses rivales ou ses admirateurs éconduits vous convaincre du contraire. Ils sont juste jaloux. Surtout les morts.

CHRONIQUE :


(03 Juillet 2018)
 

Quelle découverte avait été ce premier tome de saga ! Je ne parlerai pas de trilogie car j’ai cru comprendre que peut-être, d’autres personnages auraient leur heure de gloire dans cet univers…


C’est donc avec beaucoup d’impatience et de joie que j’ai fait une nouvelle incursion dans le monde déjanté et monochrome de Grisaille. Nous sommes ici à la découverte des histoires de trois sœurs, les sœurs Carmines, et ce deuxième tome permet à Tristabelle de s’exprimer. Et la jeune femme, caustique à souhait, a su me séduire tant et si bien que je peux dire que ce deuxième tome fut encore un cran au dessus du premier pour moi. Et sincèrement, ce n’est pas peu dire !


"- Tristabelle... Est-ce que tu as fait quelque chose de... mal ?
- De mal ? dis-je en partant à la chasse aux chaussons sous mon lit. Il va falloir être un peu plus explicite ! Prenons le meurtre, par exemple... Est-ce vriament un mal, en soi ? Cela ne dépend-il pas plutôt de la victime ? Ou de la façon dont on tue ? Ou...

- Tristabelle !
- Tu vois, toi non plus tu n'es pas d'humeur à philosopher aussi tôt !"


Est-il besoin réellement de conter l’histoire de cet univers et de ces trois sœurs ? Je ne suis pas sûre, la série ayant un tel succès qu’il serait étrange (et fort dommage !) que vous n’en ayez jamais entendu parler.

Alors que le tome 1 se penchait sur les mésaventures et diverses bourdes de Merryvère, une monte en l’air aussi habile que poissarde, nous allons ici tourner notre attention sur Tristabelle, de son surnom Trista, jeune femme fort séduisante mais fort imbue d’elle-même au demeurant. Psychopathe en puissance, rien (pas même un bon petit meurtre) ne l’empêchera d’atteindre son objectif : assister au bal donné par la Reine. Certes dit comme ça, l’intrigue peut sembler légère, mais croyez-moi, Ariel Holzl nous montre une fois encore toute l’ampleur de son génie, par des retournements et conséquences aussi passionnantes qu’improbables.


Alors Tristabelle est le personnage tête à claques par excellence, et j’ai été ravie de pouvoir mieux la découvrir. J’ai beaucoup apprécié le fait que l’auteur fasse en sorte qu’elle s’adresse directement à nous, lecteur, persuadée comme elle est que nous ne pourrons QUE lire ses aventures, tant sa vie et sa petite personne sont passionnantes. Et ce style de narration marche du feu de dieu, il faut le dire.
La jeune femme possède sa propre vision du bien et du mal, et elle se trouve être parfaitement adaptée à l’univers dans lequel elle évolue ! Grisaille est sans pitié, mais la ville paraîtrait presque douce à côté du caractère piquant de notre nouvelle héroïne !


"Vous savez quoi ? Les prochaines heures en ma compagnie vont être d'un ennui cuisant ! Vous devriez vous trouver quelque chose de plus passionnant à épier que mes corvées.
Je sais, je sais... Difficile. Je crains de vous avoir donné de mauvaises habitudes avec mon quotidien romanesque.

Si vous ne trouvez rien, profitez-en pour piquer un somme : vous avez une mine a-ffreuse ! Essayez aussi de changer de coiffure, tant que vous y êtes..."


Une fois encore, nous avons le droit à notre dose de jeux de mots et de références à la grisaille, qui donnent à la plume sa saveur si particulière. Si vous y goûtez, vous ne pourrez qu’en redemander.


Peut-être dois-je avouer que la jeune Dolorine m’a un peu manqué puisqu’elle est moins présente ici, mais le tome 3 lui étant consacré, j’aurais ma dose de sa douce innocence et de la psychopathie de sa poupée préférée. En revanche, nous gardons contact avec Merryvère et apprenons ce qu’il advient d’elle, un élément évidemment indispensable à la survie de mon petit cœur au vu de la fin du tome 1 !


En résumé, une atmosphère sombre à souhait, un humour piquant et recherché, des aventures inédites et originales… Que demander de plus à un bon roman ? Décidément cette série est un réel coup de cœur !