Les tribulations d'une gothique amoureuse.

Auteur : Cécile Guillot
Editeur : EDB
Parution : Décembre 2015
Pages : 200

RESUME :

Lily est amoureuse de Vince, mais pas seulement… Elle aime aussi…
La vie.
La musique.
Son travail.
Ses corsets.
Les cupcakes.
Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… elle décide de vivre ses rêves au lieu de rêver sa vie…

CHRONIQUE :
(25 Mars 2016)

"Les tribulations d'une gothique amoureuse" est une ChickLit parue chez EDB. Oui oui, vous lisez bien... MOI, j'ai acheté chez EDB. De la romance.... Pour quelqu'un qui déteste ça, c'est carrément le monde à l'envers. Bon, ne vous méprenez pas, je ne méprise absolument pas le genre. J'estime qu'aucun genre n'est méprisable déjà. Il en faut pour tous les goûts. Juste, la romance, ce n'est pas au mien, de goût. Oh bien sûr, une romance dans un livre ne me gêne pas si elle n'est pas le sujet principal. Je ne les boude pas toujours (heureusement d'ailleurs car elles sont assez récurrentes quel que soit le style). Mais un livre entièrement dédié à une histoire d'amour ? Pfiou! Alors pourquoi cet achat ? Une méprise après une soirée trop arrosée ? Que nenni je ne bois pas. Un malentendu consistant à confondre ce livre avec celui sorti sur le hellfest ? Non plus, j'ai déjà ce dernier. Alors pourquoi, diantre, ai-je acheté, moi, Madame Anti-romance ce livre ? Eh bien la réponse tient en un seul mot, ou plutôt un seul nom : Cécile. Car outre le fait que cette femme soit la plus douce et adorable qui vous soit donné de rencontrer, elle a aussi une plume qui fait grimper mon moral au plus haut du "I feel good". Tout ce qu'écrit Cécile est frais, doux, positif, et ça fait du bien. Ce sont toujours des romans relativement courts qui se savourent comme une douceur (un cupcake, tiens, pour reprendre le péché mignon de notre gothique amoureuse), qui font sourire grâce aux petites touches d'humour toujours savamment placées et qui vous gonflent le moral à bloc. Lire du Cécile Guillot, c'est comme prendre un anti-dépresseur, les effets secondaires en moins.

Donc vous comprendrez que ni une ni deux je me suis jeté sur ce livre. D'autant que personnellement, le côté gothique du personnage me parlait beaucoup. C'était la cerise sur le gâteau ou plutôt le glaçage sur le muffin du cupcake.

Bon l'histoire, je ne vais pas épiloguer dessus : il s'agit d'une histoire d'amour hein, donc on se doute qu'après avoir traversé des difficultés, tout est bien qui finit bien. Eh ouais. J'avais la banane jusqu'aux oreilles en refermant ce livre, et mon taux de positivisme avoisinait les 400% (naaaaan, j'exagère pas).

Parlons un peu de l'univers. Cécile se sert d'une ville qu'elle connaît excellemment bien pour planter son décor. Et il faut dire que ça fonctionne, le taux de réalisme étant de 100%, avec ce souci du détail, tous ces lieux qui existent vraiment et qu'elle nous dépeint d'une façon poétique et visuelle. Moi aussi je rêve d'aller au Garden Cupcakes noyer mes petits chagrins dans de délicieuses pâtisseries. Et histoire de pousser le vice, vous retrouvez le carnet d'adresse de Lily en fin d'ouvrage avec les lieux et sites internet mentionnés dans l'ouvrage (au passage, Cécile, merci de m'avoir permis de découvrir le blog "Blood is the New Black" !).

Dans cet univers réel, elle nous plonge une bande d'amis musicos, ayant leur groupe de metal. Oui là, j'avoue, c'est me prendre par les sentiments que d'intégrer cet élément. Et forcément, c'était génial.

Et voilà, c'est au milieu de tout cela que gravite notre chère gothique, qui se venge de ses déboires amoureux sur ses cupcakes. Et comme c'est une vraie fille (oui même les gothiques sont des vraies filles), elle culpabilise dans la foulée des futurs kilos absorbés directs par ses fesses... Ah les filles... Éternelles insatisfaites que nous sommes. Lily est réellement attendrissante, superbement élégante et il n'est pas obligatoire d'être gothique et/ou métalleuse pour se reconnaître en elle. Certes elle vit son look et sa musique à fond, mais comme tout à chacun, Lily rit, pleure, est jalouse de manière injustifiée (ça vous parle ça hein ? Avouez), se voile la face, se pomponne pour untel, a ses complexes, ses petits défauts et ses grandes qualités et ne sait pas toujours voir lorsque l'amour sonne à sa porte. Elle a l'impression de stagner dans sa vie quand ses copines avancent, mais sait assumer son look et ses choix avec élégance... Bref, chacune peut se reconnaître en Lily, au moins en partie. Car Lily EST chacune d'entre nous. Et pour cela, je dis bravo.

"_ il faut porter les habits qui te plaisent, peu importe ce qu'en disent les gens. De toute façon, les autres n'aiment pas la différence, alors je préfère mettre ce qui me plait, quitte à être regardée de travers plutôt que de jouer les moutons.
Elle hocha la tête, les yeux plissés derrière ses verres, comme si j'avais prononcé des paroles hautement philosophiques.
_ l'important, c'est de se sentir bien dans ses pompes. De se sentir
soi."

Et puis Lily et sa petite vie sur Angoulême, elles sont tellement réalistes que je suis persuadée que si je vais là-bas, je la rencontrerai au détour d'une rue. Ou peut-être au Garden Cupcakes. Difficile d'admettre que Lily ne sortira jamais de ce roman. Dommage, car j'adorerais l'avoir comme amie. Car, en plus de tout, cette jeune femme m'a littéralement fait mourir de rire. Eh oui, elle est drôle, et parfois bien malgré elle. Chaque petit détail de sa vie nous est fourni (parfois même ce qu'elle mange), mais loin d'alourdir la lecture, cela nous permet d'apprendre à la connaître mieux, de "l'apprivoiser".

Et comme Lily est une jeune femme très intelligente qui sait apprendre de ses erreurs tout en philosophie, je vous livrerai la réflexion suivante, pleine de sagesse :

"Qu'avais-je appris ? Qu'il ne faut pas rester à rêver sa vie, mais qu'il faut prendre des risques, oser... Oui, oser vivre ses rêves. Je saurais a l'avenir affronter mes désirs et ne pas fuir"

Bref, ce roman, je l'ai dévoré en quelques heures, je l'ai adoré, et j'espérais une fin heureuse pour notre gothique comme je pourrais le faire pour une amie. Je me suis coincée les zygomatiques à force de sourire, et lorsque j'ai tourné la dernière page, j'ai levé des yeux rêveurs au ciel avec un sourire béat. Pas de doute, cette lecture m'a fait du bien. Comme je m'y attendais, elle était fraîche, fluide, facile et sans prise de tête. Et moi, j'ai envie de vous dire : I feel good.