Love in 56K.

Auteur : Clémence Godefroy
Editeur : Editions du Chat Noir
Parution : Mai 2019
Pages : 255


RESUME :

  

  

  

  

  

  

 

A la rentrée de septembre de Westbridge High, Erika Schmidt est bien déterminée à faire de cette année scolaire 1997-1998 la meilleure de sa vie : de bonnes notes, de bons moments avec ses deux meilleures amies, et une place dans la rédaction du journal du lycée, voilà tout ce qu’elle désire. C’était sans compter sur Scott Peterson, qui est devenu hyper craquant en l’espace d’un été, et tous les déboires qui s’ensuivent quand on est plutôt timide avec les garçons et plutôt vue comme une nerd par les élèves populaires du bahut.

Heureusement, Erika vient de commencer une nouvelle série de livres, Les Sorciers de Bellwood, qui lui fait oublier ses problèmes. En attendant le prochain tome, elle trouve sur Internet un forum de fans, puis des sites de fanfic, et bientôt sa connexion 56K est à la fois son seul réconfort et son secret le mieux gardé…      

CHRONIQUE :


(16 Septembre 2019)
 
Clémence Godefroy a déjà édité plusieurs romans aux éditions du chat noir, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est du genre éclectique ! J’ai commencé avec « Éros Automaton », qui sonnait très steampunk, enchaîné avec « Les héritiers d’Higashi », qui nous emmène dans le japon des yokai, et poursuivi avec « love in 56k », une romance young adult résolument contemporaine.

Je crois que ce qui m’impressionne peut-être le plus, c’est que j’ai beaucoup apprécié les trois. Être aussi éclectique et qualitative quel que soit le domaine est assez incroyable.

Donc vous l’aurez compris, ce nouveau roman fait partie de la collection chat blanc des éditions du chat noir, collection qui sort donc de l’imaginaire. Ici, nous allons nous plonger dans une époque qui me parle bien puisque c’est la mienne. Nous sommes en 1997/1998 et j’avais 13/14 ans ce moment, à peine plus jeune qu’Erika, notre héroïne.

Se replonger dans les années de mon adolescence, époque des balbutiements d’internet, fut réellement très drôle et empli de nostalgie. Je revoyais moi aussi les premiers ordinateurs, de grosses bêtes aux écrans cubiques, présents à la maison ou au lycée, la connexion hyper lente (mais elle nous paraissait rapide !) grâce à un modem plus bruyant qu’un essaim de guêpes, la joie infinie de découvrir que vos parents ont pris un super abonnement de la mort qui tue à Internet et vous permettra de surfer 2 heures par mois !! D’ailleurs je ne suis même pas sûre que le mot surfer existait à l’époque...

Et oui nous sommes une génération un peu spéciale, née sans téléphone portable ou ordinateur, ayant grandi sans, mais aujourd’hui toujours vissée dessus. En tout cas, cette époque a assez intéressé l’autrice pour nous en sortir un roman que j’ai vraiment apprécié même si je me suis sentie plus vieille encore à la fin du livre ! Lol

Bref, nous rencontrons ici Érika, une lycéenne comme les autres, qui découvrira la joie d’internet et des forums en ligne et surtout de la fan fiction.

Alors ne me demandez pas ce que vaut ce roman comparé aux autres du genre du type Fangirl puisque je n’en ai lu aucun. Mais ici, j’ai apprécié l’incursion de quelques bouts d’histoire fantastique dans le roman, et le partage qu’en a Érika avec les gens du forum. Car ça a aussi été ça le début d’internet : un moyen de partager vos passions diverses et variées avec des gens qui vous écoutent, vous lisent, vous comprennent et sont aussi enthousiastes que vous. Bon, même si je n’ai jamais été très geek, passant beaucoup trop de temps à cheval pour les passer sur les forums, il faut reconnaître que c’était une sacrée révolution dans son genre.

Et si Érika passe autant de temps sur son forum, c’est aussi un peu pour oublier ses déboires amoureux. Un autre sujet que retranscrit ici très bien l’autrice, c’est la violence avec laquelle nous ressentons nos émotions lorsque nous sommes ados. Nous n’avons pas encore appris à prendre du recul, encaisser et faire le tri et ressentons tout à mille pour-cent.

Alors quand le garçon pour lequel elle craque embrasse une autre fille, Érika se réfugie dans la fan fiction de sa série de fantasy préférée. Mais heureusement la vie est pleine de surprises, et surtout, se passe aussi en dehors d’internet.

Bref « love in 56k » est un roman plaisant qui nous plonge dans le quotidien d’une ado. Quotidien qui pourrait être celui de biens de jeunes, et ce quelle que soit l’époque. Plusieurs sujets y sont abordés avec justesse, des thèmes assez récurrents des romans young adult mais tellement importants, tel que le regard des autres, la méchanceté gratuite pour ne pas dire autre chose, etc... C’est aussi un roman qui, pour ma génération, apportera son lot de souvenirs, de sourires et peut-être de nostalgie, et fera découvrir aux plus jeunes ce que fut la découverte d’internet. J’ai aussi aimé le côté fanfiction qui est un monde que je ne connais absolument pas, ne lisant pas du tout ce genre. Sûrement à tort, à priori.