Masango, la voie du gladiateur.

Auteur : Fabrice Pittet
Editeur : Fantasy RCL Editions
Parution : Janvier 2018
Pages : 316


RESUME :

Si pour Masango le gladiateur, le sang de ses ennemis lui colle à la peau comme un parfum, il garde une blessure que ni les acclamations de la foule ni l'amour d'une femme ne peuvent guérir. Adulé dans l'arène, dans la rue - une fois son casque de combat retiré -, Masango n'est qu'un esclave noir méprisé par tous les blancs, comme le lui rappelle le cliquetis de ses chaînes aux pieds et les traces du fouet sur son dos.
Cependant, le jour de la revanche approche ! Cinq des plus terribles adversaires l'attendent et ce sera la liberté au bout de l'épée. Mais le contrat sera-t-il honoré ? S'il remporte le plus grand des tournois, faisant de son maître le plus riche de la ville de Delphir, celui-ci ne voudra-t-il pas l'obliger à lutter à nouveau ? Le tatouage de soumission sur sa nuque et sa magie opprimante lui sera-t-il retiré ? La femme esclave qu'il aime à l'abri des regards - une blanche ! - sera-t-elle, comme convenu, affranchie et libre de le suivre ? Lecteur ! inutile de te poser toutes ces questions. 
   

CHRONIQUE :

( 27 Janvier 2017)
 

Fabrice Pittet est un auteur à découvrir pour qui aime la fantasy à la David Gemmel. Je l’avais découvert avec son recueil de nouvelles, « Les Chroniques Écarlates », où toutes les histoires se passent dans un seul et même univers. Et quel univers ! Il revient ici avec un roman, qui lui aussi se déroule sur cette Étoile qui lui est chère.
 
Masango met en scène un gladiateur, et son parcours pour regagner sa liberté (d’ailleurs cette notion de gladiateur me fait penser que ce roman plaira aussi très certainement à ceux qui ont accroché à « La Main de l’Empereur » d’Olivier Gay). Personnages au fort caractère, univers impitoyable et combats sanglants sont au rendez-vous.
 
Mais pas seulement, car Masango est un personnage noir de peau, et dans cet univers aussi, la couleur de sa peau portera préjudice à notre héros. Avec toute la réflexion qui va avec, et de quoi réfléchir pour le lecteur (racisme, esclavage...). C’est toujours agréable d’avoir de la profondeur dans un roman, d’autant plus quand cette dernière ne gâche rien à l’action et à l’intrigue.
 
« Les coutumes sont fabuleuses, car elles donnent du contraste et de la richesse à notre univers, enchaîna Masango. Mais les coutumes sont également dangereuses, puisque chaque peuple prétend détenir celles qui méritent d’être suivies. »
 
Comme tout ce que peut écrire Fabrice Pittet, c’est très addictif, les personnages sont travaillés et l’univers extrêmement abouti. Même si ici, la quasi totalité du roman se passant dans la Fosse d’entrainement et dans le Disque (l’arène), nous ne découvrons que peu la richesse dudit univers. C’est peut-être le seul reproche que je pourrais faire à ce livre. C’est que connaissant le monde de Fabrice Pittet et son côté abouti, il m’a un peu manqué, « enfermée » que j’étais dans un presque huis clos.
 
En tout cas, l’auteur n’hésite pas à faire mal, en faisant souffrir des personnages auxquels on ne peut que s’attacher... Là aussi, il mérite bien le #jaienviedetrucidercetauteur.
 
« - Dans deux semaines, tu seras mort, homme noir. Tu en es conscient ?
- Je ne compte pas t’offrir la joie de m’occire si facilement. Et puisqu’on est dans les déclarations flagorneuses, moi aussi, je te promets les bras soyeux du trépas, lorsque mon kukri ira boire le sang de ton coeur. »

 
Même si Masango m’est apparu avec très peu de défauts, il est ici notable que nous n’avons aucun manichéisme. Le personnage le plus représentatif de cela est sans doute Solobias, le maître de Masango, qui, même s’il possède des esclaves, est bien plus nuancé que ce à quoi l’on peut s’attendre... Il y a aussi Anarah, une esclave au caractère bien trempé. C’est à dire qu’elle a un caractère de merde, n’ayons pas peur des mots. Du coup, je l’ai adorée (évidement). La jeune femme ne se laisse pas marcher sur les pieds, et, même si nous avons une romance entre elle et Masango, cela ne m’a pas dérangée, puisqu’elle sert l’histoire (mais ça, je vous laisse le découvrir).
 
Ce roman est un tome unique, mais j’espère pouvoir retrouver certains personnages dans de nouvelles aventures, même si d’autres étant morts et enterrés, ce sera plus compliqué...
 
J’ai donc une fois encore passé un excellent moment de lecture avec cet auteur, est honnêtement, si l’univers des gladiateurs ne vous déplaît pas, tentez votre chance avec ce livre.