Orcus Morrigan, Tome 1 : Manhantan Carnage.

Auteur : Maxime Gillio
Editeur : L'atelier Mosésu

Parution : Avril 2014
Pages : 222


RESUME :


Où étiez-vous le matin du 11 septembre 2001, quand le premier Boeing a embrassé la Tour Nord du World Trade Center ? Moi, je me souviens très bien. J étais dans la Tour. Même que j y suis mort. Jusqu à ce qu on me ressuscite, quelques jours plus tard, pour une drôle de mission punitive. J en connais certains en haut lieu qui ont du mouron à se faire... Ne croyez pas tout ce qu on vous raconte : les zombies existent, nous sommes parmi vous, nous avons soif de vengeance. Et vu le nombre de salopards sur Terre, on a du pain sur la planche. It s slaughter time !              

CHRONIQUE :

(16 juillet 2016)


"Un Blanc. Un colosse rouquemoute, tendançe Irlandais de Woodlawn ou de Riverdale. Pas le genre de clients habituels d'Ernesto. Il consulte le dossier: Orcus Morrigan. Qu'est-ce que c'est que ce nom à la con ?"

J'ai fait la connaissance d'Orcus Morrigan et de son père Maxime Gillio dans le crossover avec Sophie Jomain (Felicity Atcock). Le personnage pour le moins burlesque de Maxime Gillio m'avait bien plus sur le moment. Du coup, j'avais vraiment envie de le découvrir dans son univers, malgré l'humour gras et vaseux du zombie. Ma seule crainte était que ce genre d'humour ne devienne trop lourd sur un roman complet.

Eh bien honnêtement pas du tout. Certes Orcus est d'un cynisme sans précédent (et vu sa situation on lui pardonne), mais il ne sort pas des blagues de cul à toutes les pages. Il a beaucoup d'humour, un humour bien à lui, ça c'est sûr, mais pas plus lourd que ça. Ouf, on a échappé au massacre !

Mais comment vous parler de ce personnage.... Je crois qu'il est la définition même de l'anti-héros. L'auteur nous propose une histoire totalement inédite, où le concept de bien et de mal est écrasé à gros coups de godasse comme un vulgaire asticot (et vu la provenance de ceux d'Orcus... Beurk. Comprendra qui a lu ou lira). Ah oui, et petit détail : Orcus est un zombie, un lieutenant zombie pour être exact.

Orcus donc, semblait déjà être un connard patenté de son vivant. Mais alors mort-vivant... C'est le paroxysme ! Ce cher zombie n'a aucune morale et tue parce qu'on lui demande. Et faut avouer : il aime ça. Après tout, c'est ce cher diable qui lui a permis de rester en vie alors il mérite bien obéissance...

Maxime Gillio revisite ici entièrement le mythe du zombie pour vous en offrir une version intelligente certes, mais grossière, cynique et cruel à souhait. D'ailleurs, l'auteur s'amuse parfois à vous faire croire que son personnage à un sursaut d'humanité... Pour mieux vous désillusionner ensuite (je pense notamment à une scène précise. Vous saurez que c'est elle en tombant dessus. C'était juste tellement surprenant et... hilarant, enfin, vu mes goûts douteux en humour noir... lol). Bon en attendant, faut avouer que le folklore présent dans ce livre est très sympa.

Côté plume, ça déménage dur. C'est le plus souvent Orcus qui parle et croyez-moi son langage est fleuri. Mais flore version... cadavre en décomposition... Moisissures quoi, même si je suis plus dans le champignon que la flore. Mea Culpa. Et aussi, attendez-vous à quelques passages bien gores...

"Le père, la trentaine adolescente, gilet à capuche et petites lunettes rondes, n'a même pas le temps de réagir. Logan lui fonce dessus, l'attrape par le cou, le plaque contre un mur et plonge ses doigts dans sa cage thoracique.
Ça craque, ça remue, ça malaxe. Le type gueule un peu, mais pas trop, vu que Logan lui a arraché le cœur et a commencé à le bâfrer. Il glisse lentement le long du mur, le visage déjà crayeux."

Bref, ce livre se lit à une vitesse phénoménale tellement il est barré et déjanté. Faut dire que c'est pas tous les jours qu'on lit l'histoire d'un zombie sans états d'âme qui dézingue à tout va !!

Oubliez toutes vos bonnes manières et les codes du type "le narrateur est un gentil héros". Nan. Ces concepts, foutez-les dans les chiottes et tirez la chasse. Trois fois même. Parce qu'avec Orcus, vous en aurez pour vos frais. Ce livre est un sacré contrepied aux récits du genre. Et ça fait du bien. En tout cas, moi, je me suis régalée.

"Soyons sérieux.
Vous croyez vraiment qu'un macchabée pourrissant a encore un cerveau ou des organes en état de marche ? Déjà, pour peu que vous ayez eu à subir une autopsie avant d'être inhumé, on vous l'a enlevé à ce moment-là, votre putain de cervelet. Et même si vous l'aviez encore au moment de passer entre les pattes de votre embaumeur de famille, une fois formolé, ben il se ratatine et finit en bouillie."


Bref, si vous avez envie d'un roman zombie bien crade mais pas classique (ici, exit la survie en monde post-apo), bourré d'humour avec un personnage principal complètement frappadingue et en décomposition, bref que vous avez envie de vous faire plaisir, Lisez Manhattan Carnage !

Trailer :