Phobos, Tome 1.

Auteur : Victor Dixen
Editeur : Collection R
Parution : Juin 2015
Pages : 448

RESUME :

Six prétendantes.
Six prétendants.
Six minutes pour se rencontrer.
L'éternité pour s'aimer.
Il veulent marquer l'Histoire avec un grand H.
Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l'oeil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.
Elle veut trouver l'amour avec un grand A.
Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour...
Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.

CHRONIQUE :
(12 Août 2015)

A la base, Phobos n'est pas le genre de livre vers lequel je me serais tournée : l'histoire de Speed Dating ne m'attirait pas outre mesure. Mais au vu des notes impressionnantes et des avis dithyrambiques qui tombaient dessus, je me suis décidée à le lire afin découvrir pourquoi tout le monde était si enthousiaste.

Eh bien, force est d'avouer que j'ai passé un excellent moment de lecture. Même si cela n'a pas été un coup de cœur pour moi, contrairement à la plupart des gens, j'ai tout de même adoré ce livre et ai été complètement bluffée.

Dans une Amérique surendettée et gouvernée par le parti hyperlibéral, les institutions gouvernementales ont été vendues au privé afin de couvrir le surendettement. C'est ainsi que le groupe Atlas Capital a racheté la NASA et avec lui le programme visant à amener les premiers hommes sur Mars. Mais Atlas est loin d'avoir des motivations humanistes ou scientifiques mais uniquement économiques. C'est ainsi que le vaisseau spatial, renommé Cupido pour l'occasion, va être intégré au programme Genesis.
Quel est ce programme ? Il a pour but d'emmener 6 garçons et 6 filles dans un voyage sans retour sur Mars. Pendant ce voyage, un Speed Dating permettra à chacun de trouver son compagnon pour leur vie future. Une fois sur Mars, la mission sera de vivre et coloniser la planète (bref faire des enfants).
Au passage, je note les noms en référence à la mythologie avec Atlas, titan qui soutient le globe terrestre, Cupido, dérivé de Cupidon... Je trouve que cela correspond aux réelles Mars (Dieu de la Guerre) et Phobos (fils de Mars, dieu de la Peur).

" L'avenir n'a jamais été aussi radieux pour nous autres fervents défenseurs de l'espace. C'est l'aube d'une nouvelle ère de la grande aventure humaine, le début de la civilisation martienne. Notre rêve est entrain de se réaliser, mes amis, et grâce à Atlas - que dis-je, grâce à vous ! - ce rêve est devenu celui de l'humanité tout entière."

Léonor fait partie des 6 prétendantes à partir. Elle s'est portée volontaire pour la gloire mais aussi pour l'amour. Rien ne la portait à soupçonner que son rêve allait se transformer en cauchemar.
Car bien évidemment, le voyage sur Mars ne déroulera pas aussi tranquillement que prévu... En à peine 50 pages, l'auteur nous balance quelques bombes et nous comprenons que le projet est peut-être bien plus sombre que son apparence de télé-réalité innocente...

Victor Dixen met en scène des personnages qui portent chacun des blessures et des secrets... Qu'il s'agisse de l'équipe au sol, menant les opérations (les ingénieurs, le directeur du projet, la productrice exécutive etc...) ou des prétendants et prétendantes, tout le monde a une part d'ombre qu'il préférerait ne pas voir mis à jour.
Malheureusement, le premier petit reproche que je peux faire à ce livre, c'est que ces secrets sont trop vite découverts. De même on sait dès le début qu'un élément perturbera le voyage, ce qui est très bien, mais on sait aussi de suite quel est cet élément... Bref je reproche un manque de surprises et de suspense à cette histoire par ailleurs totalement envoûtante et originale.

"Il y a encore tant de choses que nous pourrions acheter, et rentabiliser à notre manière : les écoles, les hôpitaux publics... Imaginez, des plages de publicité obligatoires pendant les cours, dès la maternelle ! Des émissions de téléréalité sur les malades en phase terminale, avec dernier souffle en direct ! Il y a énormément d'argent à se faire, en mettant à contribution les bambins jusqu'aux vieillards."

Eh oui, car même moi je me suis surprise à attendre les 6 minutes quotidiennes de Speed Dating avec impatience. Il faut dire que Victor Dixen a choisi des personnages hauts en couleur qui animent largement ces séances.
Les personnages. Parlons-en justement. L'équipe au sol, on prend un plaisir certain à les détester. Difficile de faire autrement avec ces gens motivés uniquement par l'appât du gain et n'hésitant pas envoyer 12 jeunes gens vers l'inconnu et les ennuis pour cela.
Les 12 voyageurs ont tous entre 17 et 20 ans. Aucun d'eux n'a rien à perdre (pas d'attache sur Terre). Chacun d'eux est différent mais ils sont tous attachants, chacun à leur manière. Sauf peut-être Elisabeth et Fang Fang qui savaient se rendre énervantes à souhait. A noter que Léonor raconte le voyage, de fait, nous sommes beaucoup plus en relation avec les filles qu'avec les gars, et nous apprenons donc plus à les connaître. On pourrait reprocher la formation trop rapide d'un ou deux couples. Ce qui implique d'une part un nouveau manque de surprises et d'autre part un certain manque de crédibilité. Après, à leur décharge, ils n'ont que 6 possibilités, ce qui réduit le champ d'action....
En tout cas, les jeunes gens sont hyper attachants et j'ai hâte de les retrouver dans le tome 2.

Le voyage se poursuit tranquillement, et parfois je regrettais un manque certain d'action, du moins d'action pure, "explosive". En fait, je pensais que l'événement perturbateur arriverait vers le milieu du livre, mais non, il clôture ce premier tome.
Et quelle façon de clôturer ! La fin est hyper surprenante et passionnante. Elle nous laisse grandement sur notre faim et me rend hyper impatiente de lire la suite... L'attente va être longue ! Et je pense que le tome 2 a toutes les chances et le potentiel pour être époustouflant.

"Il n'y a que la mort qui soit simple, et éternelle. Parce que tu vois, la vie, c'est compliqué, et c'est terriblement court. On a l'impression qu'on a tout le temps devant soi, mais en réalité c'est comme une séance de speed-dating : à peine entré dans la bulle, c'est déjà le moment de dégager."

La plume de Victor Dixen est fluide et se lit bien. Il divise les chapitres en deux sections : les chapitres champ : qui parlent donc de ce qui est dans le champ de la caméra, de ce qui est retransmit à la télé, car n'oublions pas qu'il s'agit d'une télé-réalité et que chaque image est retransmise. C'est donc dans ces chapitres que sont mis en scène Léonor et les autres prétendants. Et il y a les chapitres hors champs qui présentent ce qui se passe du côté de l'équipe au sol et de l'entourage cette équipe. Et l'on sent que certains événements hors champs auront une importance capitale pour la suite.
J'ai aussi énormément apprécié le fait que certains schémas dont on nous parle durant la lecture apparaissent dans les pages. Il nous permettent de nous représenter le vaisseau, le voyage, avec précision.
Parfois nous sont présentées les images telles qu'elles apparaissent à la télé et l'écriture prend alors tournure d'un scénario. Ce côté est très sympa mais malheureusement, par la force des choses, il amène de la répétition : ce qui apparaît à l'écran, les phrases clés du programme, le jingle etc... A la fin j'en avais un peu soupé et je passais ces quelques lignes. Après je pense qu'il s'agit d'une volonté de l'auteur de nous montrer le martelage médiatique autour des émissions de télé-réalité et la façon dont on abrutit les masses à force de répétition. D'ailleurs cette émulation est extrêmement bien rendue avec les réactions des foules de fans qui viennent voir le décollage ou font le pied de grue devant la résidence de la productrice... Les cours de l'université qui sont arrêtés aux heures de diffusion des émissions. Le côté accro des jeunes et des moins jeunes à leurs smartphones, tablettes et autres... J'ai trouvé ici une critique assez réaliste de tout ce côté dépendance aux médias, aux écrans, émulation de masse, lavage de cerveau des foules, etc...

En résumé, j'ai totalement adhéré à Phobos et je l'ai dévoré en quelques heures même si je ne le trouve pas exempt de défauts. Il est original et apporte quelque chose qui sort de l'ordinaire. Pour le qualifier, je dirais qu'il est fantastique, phénoménal, captivant...
J'attends avec impatience la suite de cette série, qui est prévue, je crois, pour le 12 Novembre.

"... Nous accueillons maintenant nos intrépides pionniers, nos formidables conquérants de l'espace ! commente une voix à travers les enceintes monumentales. Ils sont douze : douze jeunes gens choisis parmi des millions de candidats, au terme d'une sélection internationale sans précédent. Un voyage inouï les attend, le plus grandiose de toute l'histoire de l'Humanité. Ils iront plus loin que Youri Gagarine, plus loin que Neil Armstrong, plus loin qu'aucun être humain n'est jamais allé. Leur formidable périple se déroulera en six étapes retransmises en direct sur la chaîne Genesis, 24 heures sur 24, grâce à notre système laser de communication interplanétaire."

Trailer :

Phobos, Le Roman par Victor Dixen :

Phobos, la Peur par Victor Dixen :