Projet Cornélia, Tome 1 : Afflictions.

Auteur : Denis labbé
Editeur : Editions Séma
Parution : Septembre 2017
Pages : 224


RESUME :

Un mois après le déclenchement de l’épidémie, la Lorraine et le reste de la France ne sont plus qu’un champ de ruines où quelques personnes tentent de survivre.

Au milieu d’un monde qui s’effondre sous la poussée de hordes d’errants, Cornélia et Jean-Michel partent à la recherche de leurs proches.

Mais cette Grande-Mort qui sévit et des bandes de pillards font tout pour les en empêcher.

Entre atrocités, rencontres improbables, découvertes macabres et fous rires, les deux amis vont passer par toutes les émotions et croiser des gens surprenants, attendrissants ou inquiétants.
   

CHRONIQUE :

( 13 Novembre 2017)
 

Projet Cornélia est le premier tome d’une trilogie qui est publiée par Séma Editions. Nous sommes ici dans une histoire de zombies pour Young Adult.
 
Il est à noter que Cornélia est un personnage que nous rencontrons dans une première trilogie, parue elle aux éditions du chat noir. Ainsi donc, projet Cornélia en est la suite. Nous découvrons les origines de l’épidémie (appelée ici la Grande Mort) ainsi que les premières mésaventures de la jeune fille et de son camarade dans « Les errants », qui est le nom de cette première saga.
 
Ainsi, nous retrouvons ici Cornélia, une jeune fille de 17 ans, accompagnée de son camarade Jean-Michel, sur les routes, évitant les zombies et des monstres pires encore puisqu’humains, afin d’essayer de rallier Verdun afin de ramener la jeune femme à sa famille.
 
« En général, lorsque nous arrivons à proximité de lieux habités, nous préférons les observer avant de nous y aventurer, de crainte de revivre certaines des mauvaises expériences que nous avons pu y faire. Il est inquiétant de constater qu’il faut d’avantage se méfier des vivants que des morts. Dans des temps aussi difficiles que ceux que nous vivons actuellement, la nature humaine prouve chaque jour sa noirceur, nous attirant un peu plus profondément dans les abysses, à tel point que je me demande parfois si la disparition de notre race ne serait pas un bienfait pour la Terre. »
 
Alors le premier point important à éclaircir est de savoir s’il est possible de lire cette trilogie sans avoir lu "Les Errants". Et la réponse est oui. Alors je ne vous cacherai pas que vous perdrez certains éléments intéressants comme l’arrivée de la Grande Mort ou le passé commun de Cornélia et Jean-Michel, mais vous ne serez pas perdus. En effet, dans cette série, c’est Cornélia la narratrice, et, après deux ou trois pages, elle revient un peu sur les événements déclencheurs de tout cet immense merdier. Ce qui permet au lecteur qui rencontre Cornélia pour la première fois de connaître les éléments indispensables, et à celui qui la connaît déjà de se rafraîchir la mémoire.
 
J’apprécie ici le choix de l’auteur sur les personnages qu’il a décidé de continuer à mettre en scène. Cornélia est celui que je préfère, et Jean-Michel a un caractère bien particulier qui en fait un personnage passionnant à suivre et original. De plus, je tiens à noter que l’auteur nous épargne une romance niaise ou même une ambiguïté dans les sentiments. Tout est clair entre les deux amis, et cela permet une relation saine. Merci.
 
« Après une nuit fraîche, ce qu’il existe de pire, c’est un bain matinal encore plus froid. Surtout avec une robe comme la mienne.
-    Je te prierais de fermer les yeux lorsque je me déshabille.
-    Mademoiselle joue les prudes alors que nous risquons notre vie. Il existe une hiérarchie dans les priorités.
-    Quand je t’aurai coupé les oreilles avec mon sabre, tu les verras mes priorités.
-    Ce n’est pas avec ça que je te regarde. »

 
De toute façon, vu la vitesse à laquelle les événements vont, on ne peut pas dire que nous ayons le temps de nous attarder sur une romance. L’auteur ne perd pas de temps non plus avec des situations trop banales pour le genre, et préfère s’attarder sur des événements plus originaux, moins classiques, qui eux, seront bien développés.
 
De plus, les personnages prennent beaucoup de maturité dans cet épisode. Il faut dire qu’avec ce qu’ils subissent, cela a de quoi donner 10 ans de maturité par mois vécu... Pour autant, ils restent des ados, qui en ont marre de tout cela et ne sont pas des surhommes. J’aime la crédibilité des personnages de Dénis Labbé, même si Jean-Michel est pour le moins spécial (il a ses raisons que vous pourrez découvrir dans Les Errants). Ils sont un réel point fort du récit et sont particulièrement attachants (pour ma part, j’y étais déjà attachée en commençant ce livre, ayant déjà fait connaissance avec eux).
 
J’ai vraiment adoré ce premier tome, qui est dans la lignée des errants. J’aime toujours autant la plume et les idées de l’auteur, et j’ai dévoré ce livre en 24h. Vivement la suite !
 
Il n’y a pas à dire, Projet Cornélia est un roman dans la plus pure tradition zombie. Des errants (qui dans cette série ont plusieurs formes : fourmis, sprinters, incomplets... de quoi ne pas vous ennuyer et apporter une bonne touche d’originalité), mais aussi des humains peu fréquentables...
 
De plus, ici, l’hiver approche et le thermomètre baisse en flèche. On se rend compte à quel point le froid peut devenir un ennemi mortel lorsque nous sommes privés de tout confort (électricité, chauffage, nourriture abondante...). Ici, la survie devient un élément central, et nul besoin de zombie pour être en danger : l’hostilité de la météo suffit. Cornélia et Jean-Michel devront en plus du froid affronter la famine, la fatigue, la soif...
 
Autant dire que cet hiver dans l’Est de la France sera fatal à beaucoup d’êtres vivants.
 
« Lorsqu’il ouvrit la porte, je ne pus réprimer un hurlement d’horreur. À l’intérieur, deux corps, enlacés et congelés, gisaient sur un matelas, le visage bleui par la mort, les bras de chacun entourant son partenaire.
- Mon Dieu ! Les pauvres ! ajoutai-je.
Jean-Michel ne prononça pas le moindre mot et monta dans le véhicule, afin de le débarrasser de ses anciens occupants. »

 
Un roman de zombies très justement dosé, où l’action est prépondérante, mais l’humour non oublié, où les situations sont crédibles et bien pensées et les personnages attachants. En résumé : une excellente lecture.