Ronces Blanches et Roses Rouges.

Auteur : laetitia Arnould
Editeur : Magic Mirror
Parution : Février2017
Pages : 244


RESUME :

Orphelines d’un passé dont elles n’ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu’inséparables.
Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l’aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l’incertitude… Pour échapper au mariage qui l’effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.
Au cœur d’une forêt obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa sœur.
Quitte à affronter l’ours qui rôde dans son sillage.
Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges.
Quitte à croire en la magie.
Mais c’est sans compter sur l’énigmatique pianiste qui compose une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours…
La musique, le désir de vengeance, l’amour véritable comme l’attirance malsaine tissent les fils rouges et blancs qui se croisent et se nouent jusqu’à la fin de ce récit enchanteur, inspiré par le conte des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge.
   

CHRONIQUE :

( 08 Décembre 2017)
 

« Ronces blanches et roses rouges » est la première sortie de la nouvelle ME Magic Mirror. La particularité de cette dernière est d’offrir des réécritures de contes. Ce roman est donc une réécriture d'une histoire des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge.
 
Magic Mirror a la superbe idée de mettre le conte original en fin d’ouvrage. C’est donc par cet écrit que j’ai commencé, avant d’aborder sa réécriture. Ce qui m’a permis de retrouver les références et cela était très sympa.

Dans l’histoire de Laëtitia Arnould, nous faisons la connaissance de deux sœurs, Sirona et Eloane, qui, suite à une catastrophe, sont recueillies par une certaine Me Whitecombe. Mais cette dernière est une étrange femme... Et le jour où elle voudra marier l’aînée, Sirona, cette dernière décidera de prendre la fuite...

La plume de Laëtitia Arnould est très élégante et correspond réellement au genre du conte. Elle sait nous emmener dans son univers, glacial et perdu au cœur de la forêt, avec beaucoup de poésie.

Ronces blanches offre beaucoup de magie aussi, et c’est ainsi que nous croisons la route d'un ours étrange, de ronces blanches qui semblent douées de conscience, mais aussi d’un étrange pianiste, dont la musique envoûte au-delà de la raison.

Ce conte se savoure, se lit petit à petit. Il n’est pas de ces livres que l’on dévore en une nuit, mais de ceux que l’on aime faire durer, d’autant que la plume est empreinte d'onirisme.

« Les yeux sont le miroir de l’âme. On le disait jadis, on le dit aujourd’hui, et on le dira encore demain. Ces quelques mots peuvent sembler n’être rien de plus qu’une banalité, un vieux dicton auquel on ne prête que peu d’attention. Pourtant, ils ont un sens certain, et trop nombreux sont ceux qui l’oublient.
Car les yeux ne peuvent pas mentir...
Quand les lèvres se tordent en un faux sourire, quand les main s’enlacent avec hésitation, ou quand les bouches embrassent sans plaisir, les yeux, eux, ne parviennent pas, et ne parviendront jamais, à se parer d’une gentillesse, d’une tendresse ou d’une bonté, qui n’existent pas chez leur hôte »


L’auteur possède une sensibilité certaine, qu’elle transfère à ses personnages. Les deux sœurs sont très différentes l’une de l’autre. L’aînée, Sirona, est plus réfléchie et posée, quand sa jeune sœur est un brin naïve et superficielle. Pourtant un vrai lien les unit, et elles forment un duo particulièrement adorable. Les personnalités sont certes un peu caricaturales, manichéennes, mais cela fait aussi partie du genre.

Manipulations, illusions, magie, envoûtement, château dans une nuit éternelle et chaumière en plein cœur d'une forêt glaciale font partie intégrante de cette histoire.

Il y a tout de même un point qui m’a dérangée dans cette histoire, c’est la temporalité. Au début du conte et au vu de ce qui est narré, je voyais une époque quelque peu reculée. Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il existe des trottoirs et des télévisions. Cela était très perturbant, même si je pense que c’est une volonté de l’auteur de nous perdre dans une époque et un lieu inconnus. Afin d’être imprégné plus encore par la magie.

Cela mis à part, Laëtitia Arnould nous offre des descriptions très réussies, ce qui permet de rendre son univers très visuel.

En résumé, Magic Mirror nous offre une très belle première sortie, qui a su réellement rendre justice au genre du conte.
 
"De toute manière, rien ne pouvait être pire que de vivre éternellement dans le mirage des mensonges..."