Susan Hopper, Tome 1 : Le Parfum perdu.

Auteur : Anne Plichota & Cendrine Wolf
Editeur : XO Jeunesse
Parution : Mars 2013
Pages : 387

RESUME :

Chacun de ses rêves est plus terrifiant que le précédent…
A l'âge de trois ans, Susan a perdu ses parents dans un terrible incendie. De sa mère, il ne lui reste qu'un foulard, toujours mystérieusement imprégné de son parfum.
Après onze longues années passées dans un orphelinat écossais, Susan va croiser le chemin d'Helen Hopper, une femme qui porte le même parfum que sa mère. Dès lors, elle n'a plus qu'une obsession : vivre chez les Hopper. Cette famille est faite pour elle et pour personne d'autre ! Les manœuvres de l'adolescente finissent par payer et la vie pourrait devenir simple si Susan ne se réveillait chaque nuit dans un inquiétant cimetière où des voix lui ont révélé la terrible malédiction qui pèse sur sa famille. Accompagnée par Eliot, le fils des Hopper, son grand-père Alfred et Georgette, la facétieuse petite chienne, Susan décide de plonger dans les abysses du passé. Entre son amour pour Eliot, sa conquête de l'affection d'Helen et les démons qui la hantent, pourra-t-elle un jour apprendre à devenir ce qu'elle est vraiment ?


CHRONIQUE :


Les nombreuses critiques positives m'ont poussée à lire ce livre, dont la quatrième de couverture ne m'aidait pas réellement à me faire une idée.
Et de fait, il s'agit d'un bon livre jeunesse, malgré un début un peu laborieux et décevant à mon goût.

Ecosse.
Susan a quatorze ans. Elle est orpheline et a dû passer par environ 28 familles d'accueil. Odieuse avec chacune d'entre elle, elle se fera renvoyer immanquablement. Son comportement s'expliquera par le fait qu'aucune des familles ne portera "le bon parfum". Le parfum de sa mère, dernier vestige d'un souvenir sur un foulard, unique possession de Susan lui rappelant sa défunte maman.

Cela fait donc deux ans qu'elle n'a plus quitté l'orphelinat, le Home, jusqu'au jour... où une famille arrivant dans le but d'adopter un autre enfant portera LE bon parfum. C'est décidé pour Susan, elle repartira avec eux. Et c'est là que pour moi le bât blesse... Susan mettra en effet en place des stratagèmes pour le moins horribles afin de dégoûter les autres enfants de se faire adopter et d'être prise à leur place.

C'est donc ainsi que Susan arrivera chez les Hopper, et je ne vous cacherai pas, que durant la première partie du roman, son personnage m'est apparue particulièrement odieux. Outre le fait que la carte de l'orpheline soit un ressort assez facile en littérature, il ne doit pas justifier n'importe quelle action... Bref, les débuts entre Susan et moi furent houleux.

Heureusement il y avait Eliot. Fils naturel de la famille Hopper, Eliot est atteint d'une étrange maladie, dont les conséquences lui interdisent toute exposition au soleil. Notre pauvre Eliot est donc enfermé à longueur de temps dans une sorte de combinaison de cosmonaute. Ce n'est pas un secret, des liens étroits vont se créer entre les deux jeunes gens.

Quant aux parents, ils sont assez secondaires, surtout le père, sympathique mais quasi toujours absent. La mère, son apparence froide comme la glace donnera du fil à retordre à Susan qui fera tous les efforts du monde pour se faire accepter d'elle, afin de s'intégrer à sa nouvelle famille. Cette relation est, en fin de roman assez sympathique puisque Susan apprend à lire en Helen, ce qui lui permettra comme elle dit de "gagner des points".

Et puis il y a Georgette et Alfred. Tous deux liés aux phénomènes étranges qui arriveront à Susan et Eliot. Car oui il s'agit bien d'un roman fantastique.
Alfred est le grand-père d'Eliot, bonhomme un peu excentrique vivant dans une maison sur le domaine des Hopper, ne s'entendant pas réellement avec Helen, sa Belle-Fille.
Georgette. Carlin au museau de velours noir, toujours enjouée, pas très fine, mais toujours prête à accompagner ses maîtres dans leurs aventures (à condition de pouvoir se planquer dans leurs bras).

Revenons donc à l'histoire. Peu de temps après son arrivée, Susan se met à faire des rêves étranges, rêves dans lesquels elle se retrouve dans un cimetière, où on la met en garde, où on la menace parfois, et où on lui raconte une histoire de malédiction. Le pire; c'est qu'au réveil, Susan garde les marques physiques de son rêve. Etrange n'est-ce pas?
Et ce qui est encore plus étrange, c'est qu'Alfred, Eliot et Georgette l'accompagnent dans ses rêves, vivent la même chose... et se souviennent de la même chose...

Quand les cauchemars deviennent réalité et qu'une malédiction plane, la vie chez les Hopper risque de ne pas être de tout repos finalement. Surtout lorsqu'il faut réussir à cacher tout cela à Helen !

Après un début comme je vous disais laborieux, l'intrigue se met en place doucement et les auteurs nous emmènent sur des chemins que nous ne pouvons deviner, point de force de l'histoire. Au fur et à mesure, Susan s'humanise, s'attachant même à la petite chienne et révélant une amitié sans faille (voire plus) à Eliot. La Susan de fin de roman n'est plus la même qu'au début, et ce, pour le mieux. Bien que la miss reste très calculatrice, elle utilisera cette faculté pour de meilleures intentions (d'ailleurs, les pensées qui suivent ses réactions spontanées sont amusantes et bien dignes d'une ado de son âge !).

Un bon livre donc, une lecture originale et surprenante et je pense, un très bon roman jeunesse !