Tandis que le Monde meurt, Tome 1 : Premiers jours.

Auteur : Rhiannon Frater
Editeur : Panini Books

Parution : Février 2015
Pages : 400


RESUME :

Katie et Jenni sont deux femmes que tout oppose. Si la première est une avocate hyperactive, la seconde est une mère au foyer aimante. Lorsque l’apocalypse décime la population américaine, elles unissent leurs forces et abandonnent derrière elles leurs anciennes vies. Liées par de terribles événements, les deux femmes découvrent en elles des ressources insoupçonnées qui les aident à survivre. À la recherche d’un refuge, elles trouvent un camp de fortune où elles s’adapteront au nouveau monde... un monde où la mort est partout.

CHRONIQUE :

(21 Août 2016)


"Tandis que le monde meurt" est un roman qui fait dans la plus pure tradition zombie. Une catastrophe, des zombies, la fin du monde et des gens qui essaient de survivre.
 
Personnellement, j'ai régulièrement besoin de ma dose de zombies et je n'arrive pas à me lasser de ce type de lectures, alors même qu'il s'agit d'un classique du genre sans grande originalité. J'ai réellement adoré ma lecture, malgré un petit bémol que je signalerai plus bas.
 
Nous allons donc suivre notamment deux jeunes femmes dès le début de l'épidémie, dont l'origine reste encore inconnue dans ce premier tome. Katie est, enfin était, procureure, mariée avec Lydia, une jeune femme somptueuse, jusqu'à ce que cette dernière ne devienne un zombie et ne confonde sa compagne avec un casse-dalle. Katie ne doit son salut qu'à la bonté d'âme d'un homme qui la poussera à s'enfuir avec son pick-up.
 
C'est durant sa fuite qu'elle récupérera Jenni, tétanisée sur le pas de sa porte, choquée par le fait que son ex mari, un enfoiré de première au passage, ait boulotté ses deux enfants.
 
Katie et Jenni fuiront la ville à deux, et un lien fusionnel va se tisser entre les deux jeunes femmes. Leur premier but sera d'essayer de secourir le beau-fils de Jenni, parti en camp dans les collines, le deuxième... de survivre.
 
"Sanguinolente et ressuscitée, Rachel poursuivait le garçon avec Mr Carver. Katie remarqua qu'elle n'avait même pas cherché à lire le nom de l'adolescent sur sa veste d'employé. Le pauvre n'avait pas eu le temps de se réfugier dans sa voiture et courait à toutes jambes loin de la station service, vers la vallée qui s'étendait au-delà.
-     Tu l'as prévenu, dit Jenni à Katie quand celle-ci s'engagea sur la bretelle d'autoroute.
-     Je l'ai prévenu, oui.
-     Café ?
Jenni désigna les deux gobelets de café fumant coincés dans les supports du tableau de bord.
-     Ouais, bonne idée.
Elles continuèrent de rouler."

 
Une nouvelle communauté, de nouvelles rencontres, une bagarre quotidienne pour la survie, des zombies à foison, des boyaux et du sang, tous les éléments sont réunis pour faire de ce livre un excellent classique du genre. En revanche, ne vous attendez pas à de l'originalité. Mais j'ai personnellement trouvé ce que je cherchais.
 
Je parlais plus haut d'un petit bémol, donc s'il n'est pas dans le scénario, où est-il ? Eh bien pour moi, ils est dans les personnages de Jenni et Katie. Pourtant les deux jeunes femmes sont hyper attachantes, même si un peu caricaturales. Je m'explique.
 
Katie est une jeune femme forte, qui avait des responsabilités et qui prendra les choses en mains après le sauvetage de Jenni. Hantée par la mort de sa femme, elle sait faire bonne figure mais passe ses nuits à faire des cauchemars horribles.
 
Jenni de son côté, était une femme battue, qui était au final à la recherche de la liberté. Et il faut avouer que ce nouveau monde la lui a offerte, cette liberté. Paradoxalement, ayant été soumise toute sa vie, elle ne sait pas prendre d'initiatives, du moins au début, et s'en remet complètement à Katie. Le trou béant dans son coeur lui vient de la perte de ses deux enfants, même si avoir retrouvé son beau-fils l'aide à continuer. Mais cette perte l'a rendu folle et son unique but dans la vie deviendra de dézinguer du zombie. Au début, Jenni est très soumise et suit Katie comme un petit chien, mais, même si son lien indéfectible avec son amie ne faiblira jamais, elle va peu à peu trouver sa place dans ce nouvel univers et n'hésitera pas à prendre des risques inconsidérés. Surnommée "Loca" (la folle), son côté pathologiquement instable m'a beaucoup plu.
 
Mais bon, avouons que de se faire rencontrer deux femmes hors de la norme dans le sens où la première est mariée à une femme et a du faire face au brimades des homophobes, et la deuxième est une femme soumise et battue, est légèrement caricatural. Mais en même temps, il est aussi plaisant d'avoir de telles personnalités, avec un vécu qui les a façonnées d'une façon particulière (en force pour Katie, en fragilité pour Jenni, même si la venue des zombies va venir équilibrer quelque peu la balance).
 
"-   Merci, au fait, dit-elle.
Il déposa un baiser au sommet de son crâne.
-     J'avais promis à Jenni que je ne vous laisserai pas mourir.
-     Oui, dit celle-ci d'un ton joyeux. Et il a tenu sa promesse !
-     Sérieux, intervint Juan, l'un de vous a pensé aux clopes ?"

 
L'auteur essaie de donner une forte dimension psychologique à son roman, afin, je pense, de donner plus de profondeur à son histoire. Cela concerne surtout Jenni et Katie. Je n'ai rien à dire sur le concept mais je dois dire qu'en début de roman, cela est traité de façon plutôt maladroite et lourde (beaucoup trop de questionnements intérieurs). Mais une fois qu'il a réussi à mettre cela en place (de façon assez laborieuse), cela fonctionne très bien pour la suite. Je pense que le premier tiers du livre environ est concerné par ce côté "psychologie mal exploitée". Les deux filles, notamment Jenni, commençaient fortement à me taper sur le système. Heureusement les zombies sont venus stopper leurs états d'âme, et, par la suite, j'ai juste adoré le côté un brin dérangé de Jenni, et le lien ambigu qui se crée entre les deux femmes est assez touchant et drôle par les quiproquos qu'il apporte.
 
Notons que d'un point de vue dynamisme, il n'y a rien à redire. Nous n'avons guère le temps de s'ennuyer et les zombies ne sont pas qu'une excuse. Oh non, ils sont bien présents et les réfugiés sont régulièrement confrontés à eux. Bref, niveau action, on est servis.
 
"[...] je reconnais que les armes à feu me font peur. J'ai toujours pensé qu'il existe une solution pacifique à toute situation.
-     Peuh, va chanter
Give peace a chance dehors, et tu te feras botter le cul. Enfin, on te le dévorera, plus probablement.
Travis se frotta le front.
- Oui... Maintenant les règles sont différentes...

 
La fin de ce tome, même s'il accorde un moment de paix relative à nos survivants, nous fait comprendre qu'ils ne sont pas au bout de leur peine... Les zombies sont là, et ça ne fait que commencer. Vivement la suite !
 
En résumé, "tandis que le monde meurt" est un très bon livre dans la plus pure tradition zombie, sans grande originalité mais avec beaucoup d'action et de tripes à l'air. Le côté psychologique maladroitement exploité en début de livre sait se faire oublier par ses personnages hauts en couleur et attachants chacun à leur façon. Même s'il n'est pas parfait, ce roman aura été pour moi une excellente lecture.