The Rain, tome 1.

Auteur : Virginia Bergin
Editeur : Bayard Editions
Parution : Septembre 2017
Pages : 384


RESUME :

  

  

Une pluie mortelle s'abat sur la Terre :
l'humanité est menacée de disparition.
Ruby, 15 ans, part à la recherche de son père.
Je m'appelle Ruby Morris, et voici mon histoire.
Si vous la lisez, vous avez énormément de chance d'être encore en vie.
Question : quand faut-il abandonner tout espoir?
a) Maintenant. Immédiatement. On est foutus.
b) Dans deux semaines, environ.
c) Jamais.
d) J'imagine qu'il pourrait y avoir un d), mais s'il existe, je ne l'ai pas encore trouvé...
 

Kell est le dernier des Visiteurs, des magiciens capables de voyager d’un monde à l’autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est le centre à chaque fois. Le nôtre est gris, sans magie d’aucune sorte. Celui de Kell, rouge, et on y respire le merveilleux avec chaque bouffée d’air. Le troisième est blanc : les sortilèges s’y font si rares qu’on s’y coupe la gorge pour voler la moindre incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui s’y est répandue quand la magie a dévoré tout ce qui s’y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui.
Depuis cette contagion, il est interdit de transporter un objet d’un monde à l’autre. C’est pourtant ce que va faire Kell, un chien fou tout juste sorti de l’adolescence, pour défier la famille royale qui l’a pourtant adopté comme son fils, et le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait pourtant sa vie sans hésiter. Et un jour, il commet l’irréparable : il passe une pierre noire comme la nuit dans le Londres gris où une jeune fille du nom de Lila la lui subtilise.
Mais la magie n’attire jamais à elle personne par hasard !

CHRONIQUE :


(13 Avril 2018)
 

"Qu'importe si vous êtes déjà au courant : je vais écrire ce qu'ils nous ont dit au sujet de la pluie. Tout ce que je sais sur la question. Il faut bien que quelqu'un le fasse. Et surtout, ça me permettra d'oublier un instant ce souvenir terrrible. Simon et moi dans le salon ; et ma mère et Henry à l'étage, morts."


« The rain » est le premier tome d’une série young adult post-apo, dans le ton pur survivalisme. Dans ce concept, la pluie devient mortelle. Et qui dit pluie... dit eau. Survivre va alors devenir un véritable challenge.

Surtout pour Ruby, 15 ans, qui se retrouve seule... et décide de partir à la recherche de son père...

 

J’ai beaucoup aimé ce roman qui se lit vraiment très vite, notamment grâce à la superbe mise en page de Bayard. Cela peut paraitre bizarre, mais j’aime quand les livres nous offrent des polices et des mises en page aérées.

 

La première chose à noter est le dynamisme de cette histoire, qui apparaît dès les premières pages !

 

Le deuxième point, c’est le personnage de Ruby. Malgré ses 15 ans, elle est assez caustique, il faut le noter, et j’accroche souvent avec ce genre de personnages. Elle nous conte son aventure, qu’elle pose par écrit dans une sorte de journal, et de ce fait, s’adresse directement à nous, créant une réelle proximité avec le lecteur. En réalité, elle nous projette dans son univers, et nous avons l’impression que le prochain verre d’eau du robinet dont nous nous approcherons pourra nous être fatal... Attention, pourtant, Ruby n’a pas un caractère facile et ne plaira pas à tout le monde, car parfois, elle peut apparaître comme soûlante et immature. Moi elle m’a plutôt fait rire ! Car n’oublions pas que Ruby n’a que 15 ans, elle est seule, et va assister, croyez-moi, à des scènes choquantes.

 

"Il y avait des cadavres partout. On ne pouvait pas ne pas les voir. Alors, pour ne pas devenir fou, il fallait les considérer comme des réverbères, des portes, ou des arbres. Ça peut paraître affreux, et je ne voudrais sûrement pas qu'on compare ma mère et Henry à des objets, mais c'était comme ça. Il y avait des cadavres partout, et on s'en accommodait.
C'étaient des morts, et on respirait encore."


Du coup, l’ensemble est très piquant et dynamique, et comme je le disais, se lit extrêmement bien.

 

Malgré le caractère adolescent du livre, il faut noter que l’auteur n’épargne pas son lecteur sur les horreurs que vivra la jeune fille. Les scènes difficiles sont présentes et très visuelles, pour un résultat... réaliste !

 

De plus, la situation m’a semblé réfléchie et plutôt crédible dans son genre. Qu’il s’agisse des conséquences de cette pluie mortelle, ou de la réaction des foules, l’ensemble est vraiment réaliste (si l’on part du principe d’une pluie toxique évidemment). Par exemple, lorsqu’elle va se retrouver seule, Ruby va entendre tous les animaux domestiques du voisinage aboyer ou se faire entendre. C’est le genre de détails que l’on ne retrouve pas dans tous les post-apo... Autre exemple, ses premiers pas en conduite qui ne seront pas une totale réussite...

 

« La voiture a calé une centaine de fois avant d’arriver au bout de la rue. Si le type avait voulu nous suivre, il aurait pu marcher tranquillement et nous rattraper sans problème.

Les chiens - tous les chiens - sont restés allongés en silence pendant qu’on filait vers la liberté en tressautant. Même Patapouf devait être ratatiné de terreur dans son carton.

Quand je me suis arrêtée au carrefour, la voiture a commencé à redescendre la colline en marche arrière. J’ai freiné, redémarré, et fait des sauts de kangourou pour rejoindre la rue principale - à contresens. C’était volontaire : il y avait davantage de place pour circuler de ce côté-là.  J’ai réussi à parcourir presque un kilomètre sans caler ni faire de bonds. J’ai même réussi à passer la troisième, et je n’ai éraflé que deux voitures au passage. »

 

En s’attaquant à la source de la vie, l’auteur nous amène une foultitude d’événements originaux et passionnants qui font que ce livre est vraiment réussi dans le genre. Eh oui, car si vous regardez bien, vous verrez que l’eau est un élément omniprésent de notre quotidien (au moins dans nos pays)... Personnellement j’ai hâte de lire la suite, même si ce premier tome peut se suffire à lui-même.



Trailer :